Une restructuration devenue nécessaire pour Zenith. La manufacture horlogère locloise, en mains du groupe de luxe français LVMH, a licencié mercredi 18 de ses 300 collaborateurs, soit 6% de ses effectifs. Cette mesure concerne en grande majorité des employés de production sur son site des Montagnes neuchâteloises, où travaillent 220 personnes. Les départs seront effectifs avant la fin de l’année.

Le directeur, Julien Tornare, confirme cette information du Temps: «La crise sanitaire, qui a provoqué une baisse de nos volumes, a largement pesé dans notre décision.» Elle s’inscrit également dans le cadre d’un plan de transformation lancé en 2018 dans le but de redynamiser la marque et d’assurer sa pérennité, notamment en supprimant des doublons de fonctions et en favorisant les synergies internes.

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Collaborateurs informés début octobre

Zenith a fait part de ses intentions à ses collaborateurs le 15 octobre, sans préciser l’ampleur exacte de cette réorganisation. Unia, qui évoquait mardi une fourchette de 15 à 30 emplois supprimés, a été immédiatement intégré dans les discussions. La secrétaire régionale neuchâteloise du syndicat, Catherine Laubscher, indique que l’entreprise a agi «dans les règles de l’art».

Le directeur affirme que tout a été entrepris ces dernières semaines pour limiter au maximum les licenciements, qui touchent tant des employés suisses que frontaliers (50% des effectifs de la marque). Les collaborateurs ont notamment été invités à faire part de leurs propositions ou à signaler leur intérêt pour des départs volontaires et en préretraite.

«Il s’agissait de faire les choses le moins mal, ou plutôt le mieux possible, et surtout dans le plus grand respect de nos collaborateurs, poursuit Julien Tornare. Nous ne voulions pas procéder à des licenciements au fil de l’eau, sources d’anxiété pour les employés. Cela n’enlève évidemment rien aux difficultés que rencontreront les personnes concernées.»

Le chômage partiel offre une solution temporaire. Notre démarche s’inscrit dans une vision à long terme

Julien Tornare, directeur de Zenith

Un plan social a par ailleurs été négocié avec Unia, comportant notamment des primes de départ qualifiées de «largement supérieures aux normes légales», et des mesures d’accompagnement sont proposées aux futurs chercheurs d’emploi. «Nous sommes en contact avec les sociétés du groupe [TAG Heuer, Hublot, Bulgari, ndlr] ainsi qu’avec les partenaires sociaux et des entreprises locales pour voir s’il est possible de replacer notre personnel», indique Julien Tornare.

Il évoque notamment des discussions avec «d’autres maisons qui sont en train de construire au Locle». S’il ne donne pas d’autres précisions, on pense évidemment à l’horloger Tudor et au fabricant de mouvements Kenissi (groupe Rolex), qui prévoient d’ouvrir une nouvelle usine conjointe dans la commune l’an prochain.

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Le chômage partiel, une solution temporaire

Pourquoi procéder à ces licenciements alors que les entreprises suisses peuvent encore bénéficier du chômage partiel mis en place par la Confédération? «Cet outil offre une solution temporaire. Notre démarche s’inscrit dans une vision à long terme, afin d’assurer la solidité de Zenith. Nous ne pouvons pas nous remettre en question à chaque fois qu’une crise survient et il était donc important d’agir maintenant», répond Julien Tornare.

Ces licenciements n’affecteront en rien les projets de la marque, qui continue de produire l’ensemble de ses mouvements à l’interne. Zenith s’attend pour 2020 à une baisse de chiffre d’affaires «comparable à la moyenne de la branche», soit 20 à 25% selon les estimations de différents analystes. Si le premier semestre 2021 s’annonce également difficile, le patron voit cependant l’avenir «de manière plus sereine, notamment grâce à la mise en place de la stratégie définie depuis trois ans».