Energie

Impasse sur le pétrole: Exxon, Statoil et BP sont à la peine 

Un week-end marathon n'a pas conduit aux résultats espérés par les producteurs d'or noir. L'objectif d'une diminution de l'offre de 2% est compromis. Les groupes pétroliers souffrent. Exxon a lancé un avertissement sur ses réserves. BP et Shell devraient publier leur résultat mardi

Le baril de pétrole peine à se maintenir durablement au-dessus de la barre des 50 dollars. Vendredi, il est tombé de 2% à 48,70 dollars (qualité Western Intermediate). Les groupes pétroliers souffrent.

Le groupe norvégien Statoil et l’Italien Eni ont annoncé une perte. ExxonMobil, le plus grand groupe pétrolier coté au monde, a publié vendredi une baisse de 38% de son bénéfice trimestriel et un recul de 7% de sa production. Il a surtout lancé un avertissement sur ses réserves. Il pourrait réduire de 19% leur valeur si le pétrole se maintenait à son niveau actuel, selon le Financial Times. L'action a perdu 2,45%.

Au troisième trimestre, le baril valait en moyenne 46,99 dollars. BP et Shell publieront leurs résultats mardi. Selon les analystes interrogés par le Daily Telegraph, BP devrait publier une réduction de moitié de son bénéfice.

A Vienne, les négociations des pays membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) vendredi, élargies samedi aux pays non-membres samedi, n’ont pas permis de trouver un accord. L’objectif de la réunion consistait à mettre en œuvre la décision, prise le 28 septembre à Alger, portant sur une baisse de 1 à 2% de la production, soit de 200 000 à 700 000 barils par jour.

L’Iran et l’Irak en question

A Vienne vendredi, les experts de l’Opep ont mis en lumière les désaccords concernant les niveaux de production de l’Iran et de l’Irak. Mais aucun pays n’a indiqué l’étendue de sa participation à la réduction de l’offre. La mise en œuvre de l’accord d’Alger est d’autant plus compliquée que les gouvernements ne s’accordent pas sur les chiffres.

Téhéran entend augmenter sa production de 400 000 barils par jour et la porter jusqu’à 4,2 millions de barils, selon le Wall Street Journal (WSJ). De son côté, l’Irak explique son besoin de revenus pétroliers par la nécessité de financer le combat contre l’Etat Islamique. Mais si l’Iran et l’Irak étaient exemptés d’un accord, la responsabilité en incomberait à l’Arabie Saoudite. Or celle-ci insiste pour que Téhéran participe à l’effort de réduction de l’offre, selon le WSJ.

Refus du Brésil et de la Russie

Un Comité technique de haut niveau se tiendra de nouveau à Vienne le 25 novembre. La réunion des 14 ministres de l’OPEP est prévue le 30 novembre.

Samedi, la discussion a été élargie à des pays non-membres comme la Russie, le plus grand producteur au monde. Moscou se dit prêt à geler sa production, mais pas à la diminuer, selon Bloomberg. Marcio Felix, ministre brésilien du pétrole, a pour sa part signalé son refus de restreindre la production de son pays. Il appartient d’abord aux pays membres de l’Opep de s’entendre en eux, à son avis. Oman, pays non-membre, affirme enfin qu’il entend collaborer mais ne fixe pas de limite à sa production, indique l’agence.

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