Marché asiatique

Imperturbable, la Chine tisse sa toile

Proposé par Banque Bonhôte C’est quasiment une évidence: la Chine sera le pays le plus en vue au cours des prochaines décennies. Elle devrait devenir bientôt la plus grande économie de la planète. Ses projets «Made in China 2025» et «Belt and Road Initiative», la nouvelle Route de la soie, vont imperturbablement la mener sur cette voie

Affectée par les incertitudes commerciales et par la hausse des droits de douane américains, la croissance de l’économie chinoise a ralenti ces derniers mois. Pas de quoi s’inquiéter cependant pour l’avenir économique de ce pays peuplé de 1,39 milliard d’habitants. Grâce aux politiques monétaire et budgétaire, ses autorités ont suffisamment de moyens pour maintenir une croissance annuelle avoisinant les 6%. Il n’y a donc pas de souci à se faire non plus pour le succès de sa stratégie économique qui, d’ici à une dizaine d’années, devrait en faire la première économie du monde. La détermination avec laquelle elle s’investit pour occuper des positions de leader dans toute une série de domaines, technologiques en particulier, impressionne.

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Rôle crucial des technologies de l’information

Comme les Etats-Unis, la Chine a pris véritablement conscience que les technologies de l’information constituent la carte maîtresse du développement. Elles sont, ni plus ni moins, le nerf de la guerre! Celui qui détient les data dispose d’un avantage compétitif évident. A l’instar des «States», la Chine s’appuie sur un vaste marché intérieur en croissance permanente. La classe moyenne, qui représentait encore 14% de la population en 2012, devrait passer à 54% en 2022. C’est tout bénéfice pour la consommation et pour les entreprises technologiques, qui trouvent là les moyens de se développer. Par le biais de grosses commandes publiques, les sociétés nationales se voient offrir sur un plateau des débouchés commerciaux concrets.

Dans ce contexte, la mise en place du plan «Made in China 2025» est une stratégie des plus pertinentes. Lancée en 2015 par le premier ministre, Li Keqiang, elle a pour objectif de conduire la Chine à l’autosuffisance dans toutes les technologies clés. Exemple: la robotique, la biotechnologie, l’aéronautique, les véhicules électriques ou encore le domaine ferroviaire. Le gouvernement souhaite atteindre un taux d’autosuffisance de 40% l’an prochain et de 70% d’ici à 2025…

La Chine s’est donné les moyens de ses ambitions

Ce n’est pas un vœu pieux. La Chine s’est déjà donné les moyens de ses ambitions. Qu’on en juge. Elle est en avance dans le domaine de la 5G, considéré comme crucial dans la course à l’armement technologique. Elle développe un train supersonique qui pourrait circuler à plus de 2000 km à l’heure. Elle dispose de grandes firmes qui sont les pendants des entreprises clés américaines, assurant l’indépendance du pays. On peut citer Alibaba (eBay pour les Etats-Unis), Baidu (Google), Tencent (Facebook), Xiaomi (Apple), JD.com (Amazon). Sans oublier Huawei, dont l’activité recoupe l’équivalent de celles de Google, d’Apple et d’Ericsson. La Chine a, en fait, le chic de créer ses leaders en accédant aux connaissances du reste du monde tout en verrouillant ses portes aux étrangers. Elle met à mal la domination américaine et devance l’Europe, qui a pris un retard considérable dans cette course à l’armement technologique.

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Un autre programme d’envergure contribuera à placer la Chine à la tête des économies mondiales. Intitulé «Belt and Road Initiative» et aussi connu sous le nom de la nouvelle Route de la soie, il entend jalonner la voie vers l’ouest d’infrastructures ferroviaires, portuaires et terrestres. Cette «route», qui traversera 60 pays où vit 60% de la population mondiale, permettra à la Chine de s’approvisionner en matières premières, tout en se mettant au premier plan des acteurs internationaux. Pour faciliter le financement de ces grands chantiers, elle s’est engagée à soutenir les gouvernements locaux à émettre des obligations spéciales.

Opportunités d’investissement intéressantes

Nombreux sont les investisseurs qui sous-pondèrent encore la Chine par rapport à son poids réel dans les marchés financiers mondiaux. Le marché boursier chinois ne compte pour l’heure que 6% d’investisseurs étrangers. Pourtant, les actions A, libellées en yuans et réservées aux Chinois résidents, font l’objet d’une inclusion croissante au sein des indices de référence internationaux. En mai dernier, MSCI a commencé à augmenter la part allouée aux A-shares dans son indice MSCI Emerging Markets, qui passera à 3,3% d’ici à fin 2019, puis à 5% avec un objectif à terme de 20%. Cet indice est suivi de manière passive par la majorité des investisseurs institutionnels et leurs 2000 mias d’actifs investis dans les marchés émergents. Ces modifications impliquent des flux entrants sur les A-shares pour plus de 70 mias de dollars américains d’ici à la fin de décembre!

L’intérêt des A-shares est encore renforcé par le niveau relativement faible de leur corrélation avec d’autres marchés actions. Les actions chinoises offrent sous cet angle d’intéressantes opportunités de diversification et deviennent un passage obligé pour les investisseurs.

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