Coup de sac chez Implenia. A l’occasion mardi de l’annonce de ses chiffres annuels, le groupe de construction a confirmé le départ de son directeur financier, Beat Fellmann, qui avait informé «il y a quelque temps» à la direction son intention de quitter le groupe zurichois, selon le communiqué officiel. Un départ qui suit celui d’autres cadres.

La faute peut-être au dernier bilan opérationnel. Malgré une hausse du chiffre d’affaires de 13%, à 4,3 milliards, le bénéfice net a fondu de 92,4%, à 504 000 francs. La baisse de la rentabilité, plus élevée qu’attendu par les investisseurs, est principalement due aux difficultés rencontrées dans la stratégie de développement à l’international.

Expansion freinée à l’international

Implenia évoque, dans son bilan annuel, des difficultés sur certains projets en Norvège, en Allemagne ou en Pologne liées à des «processus insuffisamment standardisés, des systèmes trop fragmentés et une inefficiente collaboration entre départements». La direction se concentrera sur la stabilisation des affaires en 2019, qui devrait être une «année de transition».

Mais le départ du directeur financier, en poste depuis dix ans, n’est pas de nature à rassurer les investisseurs. Les analystes de Bordier critiquent la réorganisation «complexe» des activités et la «visibilité insuffisante» pour conserver le titre en recommandation, dans leur note publiée mardi.

Sous-performance de 40%

Outre le CFO, le responsable de la division Autriche et Roumanie et un membre du conseil d’administration ont démissionné la semaine dernière. Les deux directeurs des divisions suisse et allemande de construction quitteront aussi le groupe.

Selon Bordier, Implenia a sous-performé de 40% par rapport à ses concurrents européens depuis août 2017. Les analystes de Vontobel craignent, eux, que le manque actuel de liquidités «limite tant la future croissance du groupe que la redistribution aux actionnaires». En milieu d’après-midi, le titre du groupe chutait de près de 16%, à 30,42 francs.