Opinion

Imposition des couples: qu’on nous épargne le modèle vaudois

OPINION. Le système vaudois, qui prévoit une imposition conjointe, pénalise lourdement le revenu d’appoint et accroît la répartition traditionnelle des rôles dans le ménage, avance Marco Salvi, Senior Fellow Avenir Suisse

En début de semaine, le Conseil des Etats renvoyait au Conseil fédéral le projet de réforme visant à supprimer la pénalisation fiscale du mariage. Une des raisons invoquées par nos sénateurs: l’administration fédérale n’aurait pas prêté assez attention au «modèle vaudois» d’imposition des couples. Vraiment?

Rappelons pour mémoire que ce modèle – calqué sur le système en vigueur en France – prévoit l’imposition conjointe des revenus d’un couple marié; les revenus sont ensuite divisés (c’est le «splitting») par un quotient, dépendant du nombre de personnes qui vivent de ce revenu. Concrètement, pour une famille comprenant deux enfants, on divisera le revenu du couple par 2,8 (1,8 pour les époux, deux fois 0,5 pour les enfants), tandis que le même revenu d’un couple sans enfants sera divisé par 1,8 et donc, progression du barème oblige, imposé plus lourdement.