Technologie

Incapable de vendre ses robots humanoïdes, Google s’en débarrasse

La multinationale liquide les activités de sa filiale Schaft, qui concevait des robots destinés à aider des services de secours

C’est un robot bipède qui marche avec précaution dans un champ. Un autre robot grimpe sur une échelle. Un troisième est capable de déblayer des gravats pour se frayer un passage dans une maison. Ces machines, que l’on ne peut s’empêcher d’associer à des Terminator, Google a décidé de les liquider. Jeudi, sa maison mère Alphabet a confirmé une information parue dans le quotidien japonais Nikkei: elle va dissoudre sa filiale Schaft et licencier ses employés.

Cette annonce est surprenante. Aucun observateur n’était au courant que Google conservait des activités dans la robotique. En juin 2017, la société annonçait la cession de ses filiales Boston Dynamics et Schaft au groupe japonais SoftBank pour un montant non divulgué. En 2015, SoftBank avait déjà pris le virage de la robotique, en achetant également, pour plus de 100 millions de dollars, le fabricant français Aldebaran, concepteur des machines Nao et Pepper.

Conditions non remplies

Avec cette opération, Google se débarrassait surtout de Boston Dynamics. Les vidéos de ses créatures, des modèles humanoïdes (Atlas) ou des robots ressemblant à de gros chiens (BigDog), fascinaient autant qu’elles effrayaient certains. Financés en partie par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), agence du Département de la défense des Etats-Unis, les projets de Boston Dynamics auraient pu intéresser l’armée américaine. Les machines de Schaft, de leur côté, étaient destinées à assister des équipes de secours en cas de catastrophe.

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Si Google a conservé Schaft après juin 2017, c’est sans doute parce que certaines conditions liées à cette cession ne se sont pas concrétisées, relatait le site spécialisé Techcrunch, citant une source interne, sans donner de détails. Après la tentative de vente, Google a décidé de ne plus investir dans Schaft et de se concentrer sur des robots à l’apparence non humanoïde, tels des bras robotisés utilisés dans l’industrie. Ces dernières années, Google avait peu communiqué sur la société, la dernière présentation publique d’un robot de la marque datant de 2016. Le départ en 2014 d’Andy Rubin, qui était à la tête de la robotique chez Google, aura freiné le développement de tels projets.

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Idée née au Japon

Google aidera les employés de la filiale – dont le nombre n’est pas connu – à retrouver un emploi hors du groupe. Schaft et Boston Dynamics avaient été acquis en 2013 par la multinationale. A la base, Schaft avait été créé en 2012 au Japon, notamment par Yuto Nakanishi, professeur assistant à l’Université de Tokyo. Incapable de trouver des investisseurs dans l’archipel, Schaft s’était alors tournée vers Google, qui vient donc de dissoudre la société.

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