Rien, toujours rien. Vendredi soir, Twitter n'avait toujours pas nommé de nouveau directeur. En juin, Dick Costolo avait démissionné de la tête de l'entreprise, laissant Jack Dorsey, cofondateur du réseau social, assurer l'intérim. Or cet intérim dure. Et malgré des rumeurs, en milieu de semaine, selon lesquelles Jack Dorsey serait nommé à titre permanent, aucune décision n'a été annoncée. Et les investisseurs perdent patience.

Mercredi, les rumeurs de nomination relayées par le site spécialisé Re/Code avaient permis à l'action de gagner plus de 2%. Mais l'attente, encore déçue, d'une nomination définitive ont fait plonger le titre de 8,4% en clôture jeudi. Vendredi, l'action gagnait 1,9% à l'ouverture de Wall Street, à 25,15 dollars.  Les investisseurs ne manifestent pas seulement leur inquiétude par rapport à cette attente. Ils émettent aussi des doutes sur les capacités de Jack Dorsey, une fois confirmé à sa fonction, de se consacrer pleinement à sa fonction. Car l'homme est aussi fondateur et actuel directeur de Square, une société active dans les paiements. 

Depuis ses débuts il y a cinq ans, Square, qui développe des lecteurs de carte bancaire connectés à des téléphones, s'est aussi lancée dans les paiements en ligne et l'expédition d'argent par email. L'année passé, Square a permis à 30 milliards de transiter via ses services. Et surtout, la société, forte de ses succès, doit entrer en bourse d'ici la fin de l'année. Une étape qui devrait absorber de l'énergie à Jack Dorsey.

Or lorsqu'il annonçait la recherche d'un nouveau directeur en juin, Twitter avait écrit dans un communiqué que les candidats devaient être des «personnes prêtes à consacrer tout leur temps à Twitter". Or depuis, Jack Dorsey n'a officiellement pas choisi son camp et demeure à la tête des deus sociétés.

Hormis cette incertitude, Twitter est toujours à la recherche de relais de croissance. Pour ses derniers résultats trimestriels, le réseau social faisait part d'une hausse de 61% de son chiffre d'affaires à 502 millions de dollars, avec une perte se réduisant de 145 à 137 millions de dollars sur le trimestre. Voilà pour les points positifs. Mais le point noir se situait dans le nombre d'utilisateurs, avec une croissance de 2,6%, depuis le premier trimestre, du nombre d'utilisateurs. 

Avec une action loin des 26 dollars lors de son entrée en bourse, Twitter, fort d'une capitalisation boursière de 17 milliards de dollars, pourrait devenir une cible pour un rachat, par exemple de Facebook, écrivait cette semaine le site spécialisé Seeking Alpha. Selon un de ses analystes, le prix par utilisateur actif est 60% inférieur comparé à Facebook et 80% comparé à Linkedin.