Conjoncture

Incertitudes sur l’économie romande, malgré un bon résultat 2018

Les banques cantonales romandes se sont réunies mercredi matin pour présenter conjointement leur rapport annuel sur le PIB romand. Celui-ci a connu une hausse de 2,9% en 2018, mais les incertitudes internationales risquent de l’impacter dès cette année

Le produit intérieur brut romand va bien, mais cela ne va pas durer. C’est, en résumé, la conclusion des banques cantonales romandes dans leur rapport annuel sur le PIB de la région, présenté mercredi à Genève. Avec une croissance de 2,9% en 2018, l’économie suisse romande se place au-dessus de l’ensemble du pays (2,3%), augmentant sa part dans l’économie nationale à 24,1%.

Principales branches contributrices, la pharma, l’horlogerie, le secteur financier, les services aux entreprises et la construction. Les trois premières car leur progression en 2018 a boosté la Suisse romande, où elles sont fortement représentées. Les deux dernières car leur stabilité d’année en année permet à la région de reposer sur un bloc solide.

La situation risque d’être différente en 2019 et 2020. Le rapport souligne en effet l’impact des incertitudes internationales sur l’économie régionale. Liée en grande partie aux exportations, elle est de fait dépendante des facteurs macroéconomiques comme la guerre commerciale et les points d’interrogation qui entourent le Brexit. Selon le CREA, l’institut qui a participé à ce rapport, la croissance du PIB romand devrait donc chuter à 1,2% en 2019 avant de remonter à 1,7% en 2020.

Le secteur alimentaire relativement épargné

Ce rapport a aussi été l’occasion pour les banques cantonales romandes d’estimer l’impact du commerce en ligne sur la Suisse romande. Peu de nouveautés par rapport à l’étude de la BCV sur ce thème, présentée début avril. Les ventes au détail baissent, -7,7% sur 10 ans. Le non-alimentaire apparaît comme le secteur le plus touché, surtout pour les produits électroniques. Les pertes d’emploi engendrées se répercutent principalement sur les centres-villes.

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Mais un paradoxe vient relativiser l’impact de la vente en ligne sur l’emploi dans le commerce stationnaire. Le secteur alimentaire, faiblement concerné par l’e-commerce, n’a connu qu’une légère baisse de ses ventes en magasin à l’échelle romande (-0,4% sur 10 ans). Malgré cela, ce secteur concentre l’essentiel des pertes d’emploi: -18,5% équivalent plein-temps. En parallèle, les emplois dans le non-alimentaire progressent (+2,4%).

Course à la rentabilité

Pourquoi? Si l’on tient compte de l’augmentation du nombre de surfaces commerciales, ce constat semble indiquer que, plutôt que l’e-commerce, c’est la course à la rentabilité qui détruit des emplois. Le rapport des banques cantonales romandes résume: «moins de personnel, plus de surface, plus de clients».

Jean-Pascal Baechler, de l’Observatoire de l’économie vaudoise et rapporteur de l’étude, précise: «L’e-commerce est un phénomène qui n’a pris son importance que récemment. Il a certainement freiné la croissance de l’emploi dans le non-alimentaire, même s’il est difficile de dire dans quelles proportions. Cet impact se fera sans nul doute ressentir de plus en plus dans les années à venir.»


L’Arc lémanique toujours dynamique pour Avenir Suisse

Le think tank Avenir Suisse a publié mercredi un rapport sur l’état de l’économie genevoise et vaudoise. La région lémanique y est présentée comme compétitive en raison, notamment, de sa forte place financière internationale et de la haute valeur ajoutée de son économie. Deux domaines qui justement, d’après le rapport sur le PIB romand des banques cantonales romandes, risquent de voir leur croissance stagner ces prochaines années. F.H.

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