En Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) ne cache pas sa préoccupation face à la multiplication des cas d'obésité. A l'instar de l'initiative de la Federal and Drug Administration (FDA) américaine, il plaide en faveur d'une meilleure information sur la valeur des aliments. Des démarches sont en cours pour exiger un étiquetage plus précis.

Pour l'heure, le budget consacré aux risques d'une alimentation inappropriée est d'environ 1 million de francs par an, une paille si on le compare à d'autres campagnes de prévention. Pourtant, selon l'OFSP, quelque 30% de l'ensemble des coûts du secteur santé en Suisse seraient liés de près ou de loin à des problèmes alimentaires.

Parmi les industriels helvétiques, la question est prise très au sérieux au vu des attaques en justice observées aux Etats-Unis. Nestlé, Migros ou Coop ne sont pas en reste, mais se méfient d'éventuelles réglementations. Le géant veveysan se dit conscient que des abus peuvent être commis avec certains produits. Dans le domaine de la publicité, le groupe s'en tient de ce fait à une stricte réglementation interne, qui vise en particulier à éviter de susciter l'intérêt des enfants pour ce type de produits.

Responsabilité des clients

Coop est aussi attentif à ce phénomène. Mais pour son porte-parole, Karl Weisskopf, les vendeurs de produits alimentaires se heurtent à des limites en ce qui concerne la prévention. «Coop peut mettre autant de produits light qu'imaginable sur ses étalages, si un client mange des doubles portions, c'est sous sa responsabilité personnelle», avance-t-il.

Migros considère le problème comme sérieux et préfère aussi les renseignements explicatifs à la mise sous tutelle du consommateur. Le numéro un helvétique de la distribution n'entreprend de ce fait rien qui irait dans la direction de mises en garde du type «attention, haute teneur en graisses», selon sa porte-parole Monika Weibel.