Il a d’abord fallu investir plus de 200 000 francs dans des machines à désherber, pour conserver une agriculture régénérative et éviter le labour. «C’est indispensable quand on passe en bio, puisqu’on renonce à l’utilisation d’herbicides. On n’a plus que l’option mécanique pour effectuer ce fastidieux travail», relève Christian Streit, agriculteur à Aubonne (VD), qui a démarré sa conversion en 2015. Pour réunir la somme, il s’associe à trois collègues voisins désireux aussi d’abandonner la chimie.

Il leur a fallu ensuite accepter que le rendement pouvait être inférieur par rapport au mode de production conventionnel, «en moyenne 30%», parfois davantage pour certaines cultures, estime Gérald Huber, l’un des associés de Christian Streit. L’absence de chimie pousse en outre parfois les agriculteurs à détruire une culture pour en faire une nouvelle qui aura plein rendement. A cela s’ajoutent l’engagement de personnel supplémentaire lorsqu’il faut planter manuellement les plantons de betterave sucrière ou effectuer plusieurs fois pendant la pousse des désherbages dits de rattrapage, «qui ne peuvent être faits qu’à la main», précise leur collègue Christian Hofer.