James Brissenden, patron d'Inficon, avait de quoi arborer un large sourire mercredi. Le groupe, une spin-off d'Unaxis (anciennement Oerlikon-Bührle), encore détenu à hauteur de 19,5% par cette dernière, a annoncé ses premiers résultats en tant que compagnie publique pour l'an 2000: un bond de 211% de son bénéfice net à 22,9 millions de dollars (37,8 millions de francs), de 210% de ses revenus opérationnels à 33,8 millions de dollars, ainsi qu'une hausse de 31% de son chiffre d'affaires à 170 millions de dollars (voir tableau). Actif dans les instruments de mesure pour la surveillance et le contrôle de procédés industriels, le groupe dessert notamment des clients dans l'industrie des semi-conducteurs ainsi que celle de l'automobile. La société, dont le siège principal est aux Etats-Unis, emploie 700 personnes dans le monde, dont 244 au Liechtenstein. Elle ne possède aucun site de production en Suisse, où elle emploie trois ou quatre personnes dans un centre de service.

Lors de son entrée simultanée début novembre 2000 à la Bourse suisse et américaine du Nasdaq, le prix du titre avait été fixé dans le haut de la fourchette à 225 francs (127 dollars). Depuis, l'action a perdu près de 30% de sa valeur. Une mauvaise performance, selon certains analystes, liée au fait que de nombreux investisseurs assimilent Inficon à un groupe actif dans le secteur des semi-conducteurs (actuellement en ralentissement au niveau mondial, ndlr). Or, seuls 36% de ses revenus au premier semestre 2001 provenaient de cette activité. La mauvaise performance du titre ne serait donc guère liée à de mauvais fondamentaux au sein de la compagnie, affirment les analystes: les résultats du groupe seraient là pour le prouver. Beaucoup d'entre eux recommandent d'ailleurs le titre à l'achat. Celui-ci gagnait près de 5% en clôture de séance mercredi à 163,5 francs.

James Brissenden ne s'inquiète pas non plus des faibles volumes dans lesquels le titre s'échange à la Bourse suisse (26 644 actions mercredi en début d'après-midi). «Notre compagnie est encore relativement peu connue, ce qui explique ces faibles volumes», a-t-il remarqué lors de la conférence de presse mercredi à Zurich. «Mais suite aux bons résultats que nous venons de réaliser, nous espérons que cela va changer.»

Pourtant, tout est loin d'être gagné: le responsable a mis les investisseurs en garde contre le ralentissement de l'industrie des semi-conducteurs, rappelant que si sa compagnie n'avait pas été affectée jusqu'à présent, elle le serait peut-être dans une certaine mesure au deuxième trimestre de cette année.

Autres acquisitions possibles

Mais, ajoute-t-il, ce ralentissement ne devrait être que temporaire. Une amélioration devrait déjà se faire sentir dès la fin du troisième trimestre 2001. Par ailleurs, le groupe est suffisamment diversifié pour se prémunir contre cette tendance négative: «Nous devrions réaliser de meilleures performances que les sociétés purement actives dans le secteur des semi-conducteurs», a-t-il conclu.

Bien que son discours se veuille rassurant, les résultats pour l'année en cours risquent d'être un peu plus mitigés. Peter Maier, Chief financial officer, prévoit une croissance des ventes «à un chiffre» et un bénéfice net entre 19,6 et 23,4 millions de dollars pour 2001. Les responsables du groupe assurent néanmoins qu'ils continueront de gagner des parts de marché. Ils n'écartent pas l'hypothèse d'une croissance externe et pourraient se montrer intéressés par d'autres acquisitions de petites tailles à l'avenir, entre «50 et 100 millions de dollars, si le prix et le produit en valent la peine», précise James Brissenden.