Les Bourses européennes et asiatiques ont fortement reculé, mardi, tandis que Wall Street s’est sévèrement repliée, face à une conjonction de facteurs négatifs qui pourraient peser sur les perspectives de croissance mondiale.

Paris a perdu 2,17%, Francfort 2,09% et Milan 2,14%. En comparaison, la place boursière de Londres a limité ses pertes (-0,50%) grâce à la progression des valeurs du secteur pétrolier.

La Bourse de New York a terminé en berne. Le Dow Jones a perdu 1,63%, le S&P 500 2,04% et le Nasdaq 2,83%.

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Dans la foulée des pertes sévères des places occidentales la veille, la Bourse de Tokyo était en forte baisse mercredi à l'ouverture. L'indice vedette Nikkei dérapait de 1,88% vers 2h35 (heure en Suisse), ayant auparavant perdu plus de 2%. L'indice élargi Topix chutait de 2,12%. 

Les places boursières chinoises ont ouvert en net repli. A Hongkong, dans les premiers échanges, l’indice composite Hang Seng perdait 0,91%. En Chine continentale, la Bourse de Shanghai lâchait 0,8% et celle de Shenzhen 0,8% .

Hausse du taux d’emprunt à dix ans des Etats-Unis sur le marché obligataire

En cause, la hausse des prix mondiaux de l’énergie, un facteur d’inflation. «En répercussion, les taux d’intérêt se tendent», explique à l’AFP Philippe Cohen, gérant à Kiplink Finance. L’inflation réduit les gains liés aux obligations et provoque donc en général une hausse des taux d’intérêt.

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En plus du gaz dont le prix bondit en Europe, le baril de Brent, la référence européenne de pétrole brut, a atteint mardi 80 dollars pour la première fois depuis trois ans, en raison d’une hausse de la demande alors que l’offre reste limitée.

«En plus, on envisage que les banques centrales ne vont pas pouvoir tenir longtemps ce statu quo de leur politique monétaire» face à une forte inflation, ajoute Philippe Cohen, ce qui rajoute de la tension sur les taux. Le taux d’emprunt à dix ans des États-Unis sur le marché obligataire a en effet grimpé jusqu’à 1,56%, son plus haut niveau depuis mi-juin, ce qui pénalise surtout les valeurs technologiques, très gourmandes en financements.

«Paradoxalement, Jerome Powell et Christine Lagarde», les patrons des banques centrales américaine et européenne, «restent mesurés», constate Philippe Cohen en référence aux interventions de ces deux dirigeants mardi.

Les mesures de la Fed scrutées

Autre source d’inquiétude, aux États-Unis, la secrétaire au Trésor Janet Yellen a prévenu que le pays aurait épuisé le 18 octobre toutes les mesures exceptionnelles pour financer le budget du pays si le plafond de la dette n’était pas relevé.

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Un blocage des financements publics pourrait provoquer «des perturbations importantes sur les marchés financiers», a-t-elle ajouté.