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La hausse de l’inflation devrait accroître l’incertitude.
© DREW ANGERER / Getty Images / AFP

Gestion

Inflation: se protéger à bon escient

L’inflation augmente progressivement. En général, la performance des actions n’en souffre pas, au contraire des obligations. Quels sont les réels choix offerts à l’investisseur?

En début d’année, les marchés financiers ont été secoués par la crainte d’une hausse de l’inflation. Cette crainte était-elle justifiée et quel en est l’impact sur les portefeuilles?

Depuis quelque temps, les paniers de biens et services qui servent à déterminer l’indice des prix à la consommation tendent à se renchérir. Aux Etats-Unis, les derniers chiffres font état d’une augmentation des prix d’un peu moins de 2,5% sur les douze derniers mois. La hausse des prix des matières premières, du pétrole notamment, y a certainement contribué. Néanmoins, même sans l’alimentation et l’énergie, deux composants qui peuvent fortement fluctuer et, par conséquent, donner une idée erronée de la tendance inflationniste, l’inflation s’établit à 2,1%. En zone euro, l’inflation reste basse et inférieure à l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne. Selon cette dernière, l’inflation sera encore plus basse que cet objectif d’ici à fin 2020.

L’impact sur l’investissement

Quel pourrait être l’impact de cette évolution des prix sur les investissements? L’inflation menace à la fois l’épargne et les investissements. La plupart des investisseurs cherchent au minimum à préserver leur pouvoir d’achat à long terme et visent donc un rendement supérieur à l’inflation. Si l’inflation est de 2% et que le placement génère un rendement de 3%, le rendement réel pour l’investisseur sera de 1%. Dans un contexte d’inflation plus élevée, ceux qui n’investissent qu’en obligations et ne diversifient pas assez leur portefeuille risquent de connaître des rendements réels négatifs. Il est donc important de prendre en compte le rendement réel d’une obligation plutôt que son seul taux nominal.

L’inflation peut cependant exercer aussi une influence positive sur d’autres classes d’actifs, comme les actions et les matières premières. En général, les prix des matières premières augmentent lorsque l’inflation s’accroît. En ce qui concerne les actions, l’impact peut varier en fonction de l’importance de la hausse de l’inflation et de la période prise en compte. A court terme, les actions peuvent présenter une corrélation négative avec l’inflation. Une hausse inattendue de l’inflation peut provoquer de l’incertitude à propos du climat économique, comme cela a été le cas début 2018.

D’une façon générale, les actions profitent cependant de l’inflation à plus long terme. Les entreprises peuvent augmenter le prix de leurs produits lorsque les coûts augmentent en raison de l’inflation. Après une période d’adaptation, des prix plus élevés peuvent signifier des bénéfices plus importants pour les entreprises. En outre, différentes études ont montré que les actions performent bien au début du cycle de l’inflation car une inflation saine est le reflet de meilleures conditions économiques. Une inflation entre 1,5% et 2,5% est donc positive pour les valorisations des actions.

Les actions en profitent

Par conséquent, aussi longtemps que l’inflation ne dérape pas, c’est-à-dire qu’elle ne devient pas négative ou, au contraire, exagérément élevée, l’investisseur en actions n’a pas à craindre à court terme les mouvements de l’inflation. En revanche, l’investisseur en obligations devrait protéger son portefeuille contre une hausse de l’inflation. Plusieurs options s’offrent à lui.

Il peut par exemple se tourner vers les obligations indexées sur l’inflation qui sont des obligations souveraines dont le coupon et la valeur nominale augmentent lorsque l’inflation augmente, ce qui permet à l’investisseur de maintenir son pouvoir d’achat à un niveau constant. Les obligations liées à l’inflation, surtout aux Etats-Unis, semblent attrayantes et bénéficient d’un puissant cycle d’inflation, même si les chiffres récents sont un peu moins convaincants. En zone euro également, des opportunités se présentent, car les perspectives en matière d’inflation évoluent favorablement et les valorisations sont intéressantes.

Les obligations à taux flottant représentent une autre possibilité de se protéger de la hausse de l’inflation. En effet, leur coupon évolue en fonction des taux à court terme et il est calculé sur la base d’un taux de référence, généralement l’Euribor ou le Libor (Etats-Unis) à trois mois, majoré d’une marge. En cas de hausse des taux, la valeur de l’obligation à taux flottant reste stable en principe et le coupon augmente. Dans les conditions actuelles, il est vivement conseillé d’envisager une diversification de ce type.

Une troisième option consiste à diversifier son portefeuille au moyen d’obligations à rendement élevé qui représentent cependant un risque plus important. Dans cette catégorie, les titres à haut rendement européens paraissent peu intéressants du fait que leur écart de rendement par rapport aux obligations souveraines est inférieur au plus bas de ces dix dernières années. En revanche, les obligations émergentes bénéficient d’une économie mondiale en pleine accélération, de risques limités en Chine et de fondamentaux en amélioration et offrent en outre un rendement courant de 5% à 6%.

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