Clariden et Invesco viennent de lancer respectivement un fonds de placement Global Infrastructure et un fonds Asia Infrastructure.

Ces deux thèmes sont porteurs: les infrastructures censées générer des revenus réguliers et une bonne visibilité attirent beaucoup les fonds de pension; les pays émergents qui promettent une forte croissance font saliver toute la planète financière. Quoique global, le fonds Clariden leur fait la part belle avec, actuellement, une allocation de 47%.

La croissance des pays émergents passe par la construction des infrastructures qui leur font défaut. En Chine ou au Brésil, pays favoris du fonds Clariden, cette tâche s'apparente davantage à percer de nouveaux tunnels sous la Manche, une aventure qui s'est révélée financièrement désastreuse, plutôt qu'à gérer de paisibles autoroutes françaises privatisées.

Le mariage entre les infrastructures (sûres) et l'émergence du Sud (peut-être riche en surprises) est malaisé. Les deux fonds s'en sortent en adoptant des «définitions très larges» de ce qu'ils entendent par infrastructures.

«Notre univers d'investissement englobe tout ce qui peut favoriser la croissance», explique Gregory Allison de Wellington Asset Management, à qui Clariden a confié la gestion de son fonds. Celui-ci détient par exemple un opérateur de téléphonie mobile en Chine, un constructeur de logements individuels au Brésil et un armateur de péniches aux Etats-Unis. «Nous pourrions même prendre position dans des banques», souligne Gregory Allison.

Invesco, qui met aussi l'accent sur la croissance, intègre dans son portefeuille les entreprises qui participent à la construction des infrastructures, comme les équipementiers routiers, du rail et même le matériel sanitaire. Le fonds, qui alloue 16% de son capital à l'Australie, notamment une grande entreprise minière et plusieurs producteurs de ciment.