La Suisse pourrait manquer cruellement d'ingénieurs civils dans les années à venir. Depuis 1998, les inscriptions à l'Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) se sont effondrées. Une vingtaine d'étudiants seulement seront diplômés en génie civil en 2002, alors qu'ils étaient trois fois plus nombreux dans les années 1970. Selon une analyse récente de l'EPFL, le déficit de jeunes ingénieurs civils pour les années à venir en Suisse sera de plusieurs centaines. Les nouveaux ne pourront pas compenser les départs à la retraite. En contrepartie, les salaires devraient ainsi augmenter, mais, au regard de la surcharge de travail occasionnée, les conditions de travail devraient se dégrader, prévient Laurent Vuillet, professeur à l'EPFL et directeur du projet «stratégie de formation». La situation actuelle serait inhérente à l'image dont souffre le génie civil, analyse Laurent Vuillet. «On amalgame encore ingénieurs civils et bétonneurs. Mais le génie civil ne limite pas à la construction de routes et de ponts. Le grand public ignore souvent que la planification dans les domaines de l'environnement, de l'énergie ou la gestion des risques naturels sont aussi des tâches qui incombent aux ingénieurs civils.» Pour séduire de nouveau, une réforme a été entreprise, notamment un plan d'étude complètement remanié. Et des qualités telles que communication et créativité, jusque-là négligées, seront davantage mises en valeur.