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Le bâtiment ArtLab de l’EPFL.
© Michel Denancé

PME

INGPHI, un bureau d’ingénieurs devenu grand

L’entreprise qui travaille actuellement sur la deuxième étape du pôle muséal de Lausanne enregistre une croissance moyenne de 20% par année

Le bureau d’ingénieurs en ouvrages d’art INGPHI enregistre une croissance moyenne de 20% par année depuis douze ans, une progression saluée par l’association Innovaud qui lui a accordé cet automne le label Scale-Up Vaud, destiné à soutenir les start-up les plus prometteuses en matière de création d’emplois. Mais qui se cache dernière ce nom imprononçable qui est une contraction du nom ING pour ingénieurs et de la lettre grecque «PHI» symbolisant le nombre d’or?

L’entreprise, basée à Lausanne, diffère des entreprises technologiques généralement mises en avant. Discrète, cette société qui emploie trente-cinq personnes s’est illustrée pour ses ponts mais aussi ses sièges administratifs, à l’exemple de celui de la société Richemont International à Bellevue (GE) conçu par Jean Nouvel. Elle a également réalisé le contrôle d’exécution du Rolex Learning Center de l’EPFL, le Viaduc sur l’A9 à Rennaz, la façade du Musée National du Qatar ou a conçu la structure porteuse d’ArtLab sur le site de l’EPFL.

A ce sujet: L’EPFL se donne un pavillon de bois pour marier art et science

«Pression désespérante sur les prix»

«En tant que bureau d’ingénieurs en ouvrages d’art, nous travaillons souvent dans l’ombre des architectes, explique Philippe Menétrey, directeur et fondateur d’INGPHI qui a ouvert son bureau seul en 2004. Avant, je contrôlais tout. J’ai appris à hiérarchiser, en déléguant les responsabilités à mes collaborateurs tout en leur insufflant l’enthousiasme d’une start-up.» Quant à son métier, il le définit comme tel: «La conception d’un ouvrage d’art est un travail créatif qui permet de définir la forme d’un ouvrage et qui l’intègre dans un site. Notre travail consiste aussi à spécifier les matériaux et choisir la méthode de construction.»

Malgré la croissance régulière de la PME, Philippe Menétrey parle d’une «pression désespérante sur les prix», liée à la procédure des marchés publics pour les appels d’offres. «Le marché est très compétitif, avec près d’une centaine de bureaux d’études comme le nôtre en Suisse. La pression se fait d’autant plus sentir que certains bureaux sous-traitent une partie des dessins à l’étranger pour proposer des prix plus avantageux», explique le directeur de ce bureau lausannois qui a déposé plusieurs brevets dans le domaine des structures porteuses et qui fait appel, entre autres, à des bétons fibrés à ultra-haute performance, caractérisés par une très forte résistance et une grande durabilité.

«Faire sa place face à ces géants»

Ce sont des bureaux d’études comme Basler Hofmann, Gruner ou BG Ingénieurs-Conseils qui dominent le marché. «C’est un défi de faire sa place face à ces géants», explique le directeur d’INGPHI, dont la société enregistre un chiffre d’affaires de 4,5 millions de francs. En matière d’honoraires, un bureau d’ingénieurs touche généralement entre 10 à 15% des coûts de la structure porteuse alors que l’architecte obtient, pour sa part, environ 10 à 15% du coût total. «Nous avons une vue à moyen terme et pouvons lisser notre chiffre d’affaires sur plusieurs années grâce à certains mandats comme ceux obtenus sur des grands ponts», explique le directeur d’INGPHI qui travaille actuellement sur la deuxième étape du pôle muséal de Lausanne.

Voir notre infographie interactive du campus lausannois.

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