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Trois nouveau administrateurs ont été nommés lors de l’assemblée générale de la Banque cantonale de Genève: Michel Pasteur, Bernard Girod et Serge Fasel.
© Denis Balibouse/REUTERS

Banque

Les initiatives indiffèrent les actionnaires de la BCGE

L’institution cantonale doit-elle rembourser les 3,2 milliards qui l’ont sauvée de la faillite en 2000? Une initiative de l’extrême gauche genevoise le demande. Aucune question sur ce sujet ni sur «Monnaie pleine» n’est venue troubler l’assemblée générale tenue mercredi

Après le groupe de rock Metallica et avant le pape François et ses 50 000 fidèles, la Banque cantonale de Genève (BCGE) a tenu son assemblée générale à Palexpo, mercredi soir. Une première dans l’histoire de l’institution cantonale.

Ils étaient 504 actionnaires à avoir répondu à l’invitation annuelle. Et manifestement, l’actualité politique ne les inquiète pas. Alors que l’occasion de s’exprimer leur a été offerte à plusieurs reprises par le président Gilbert Probst, aucun n’a cherché à faire réagir la direction, et singulièrement le patron Blaise Goetschin, sur l’initiative «Monnaie pleine» soumise à votation le 10 juin prochain. Aucune question non plus sur l’initiative populaire lancée à Genève par Ensemble à gauche visant à faire rembourser par la BCGE (propriété à 72,6% du canton, de la ville et des communes genevoises) l’argent public qui a servi à son sauvetage, au début des années 2000.

Banquiers préparés

Les banquiers s’étaient pourtant préparés à ces éventualités, nous a-t-on assuré sur place. Lors de récentes assemblées, des dirigeants d’autres institutions avaient été interpellés. Des soutiens de l’initiative «Monnaie pleine» avaient manifesté. A Genève, rien. Il faut croire que les actionnaires sont satisfaits.

Il y a de quoi: la BCGE a bouclé son exercice 2017 sur une croissance de près de 16% de son résultat opérationnel, qui atteint 128,3 millions de francs. Son bénéfice net est en hausse à 81,6 millions. Le dividende voté à l’assemblée générale est de 2,90 francs (en hausse de 5,5%), soit 20 millions en tout. L’Etat de Genève a reçu plus de 4 millions, à titre d’attribution spéciale. Sur les cinq dernières années, la cotation de la banque a progressé de 74% – contre 60% pour la Banque cantonale lucernoise ou une baisse de 11% pour la Banque cantonale de Bâle-Ville. Plus d’un quart (27%) du chiffre d’affaires de la banque se fait en euros ou en dollars.

Allusion transparente

Dans son discours, Blaise Goetschin a insisté sur la «reconstruction de valeur» opérée par la banque, passant d’une valeur proche de zéro en 2000 à 1,5 milliard en 2017. Les dividendes versés aux collectivités publiques et les impôts représentent au total 488 millions sur la même période. Une allusion transparente à l’initiative d’Ensemble à gauche, lancée en février et qui a récolté pour l’heure la moitié des 5200 signatures nécessaires. Le délai court jusqu’en juin. Jean Batou, le député à son origine, s’est dit persuadé que l’initiative aboutira.

Une banque sauvée par de l’argent public doit-elle le rembourser? C’est la question de fond que pose ce texte qui veut obliger la banque à restituer les 3,2 milliards injectés par l’Etat pour lui éviter la faillite au début des années 2000, à la suite de la crise immobilière des années 1990.

L’institution réfute l’idée d’un paiement unique ou de versements répartis sur trente ans, car elle rembourse la facture de son sauvetage en soutenant l’économie du canton et en payant impôts et dividendes, avait déjà estimé en substance Blaise Goetschin lors de la présentation des résultats 2017, au mois de février dernier. Il n’aura pas eu l’occasion de le rappeler mercredi.

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