Les consommateurs recherchent des produits plus respectueux de l'environnement. C’est surtout le cas en matière d’alimentation. La start-up vausoise Bloom Biorenewables veut participer à cette tendance en proposant de remplacer certains produits issus de la pétrochimie par de la lignine contenue dans le bois.

Des noyaux de fruits, des coques de noisettes, des écorces de bois ou des pelures de cacahuètes recouvrent une table de travail du Laboratoire des procédés durables et catalytiques de l’EPFL. Tous ces déchets sont broyés et passés au tamis avant d’être chauffés dans la cuve d’un réacteur contenant un liquide breveté par la start-up Bloom, finaliste des concours Venture et SEIF Awards 2019.

La mixture est chauffée à 80 degrés durant trois heures. Qu’en résulte-t-il? De la cellulose et de la lignine dont les propriétés sont proches de celles du pétrole. «Après trois années de recherche fondamentale, nous avons trouvé la technologie capable d’extraire et découper efficacement ce polymère en molécules qui pourront remplacer les carbones fossiles que l’on retrouve notamment dans l’industrie alimentaire, prévoit Rémy Buser, directeur et cofondateur de la société lausannoise. Le procédé a fait l’objet d’une publication dans la revue Science en 2016. Actuellement, cette lignine est peu valorisée, voire brûlée. L’industrie papetière récupère uniquement la cellulose.»