«L'eau peut changer de structure électromagnétique tout en restant chimiquement identique», note Walter Thut, directeur et cofondateur de la société valaisanne Planet Horizons. Grâce à l'appareil développé par cette jeune entreprise basée au TechnoArk de Sierre, les molécules d'eau sont complètement réorganisées. Les effets sur certains éléments, comme le calcaire ou les substances nutritives, sont plus finement répartis.

«Les engrais et les minéraux de l'eau traités par notre machine sont mieux assimilés par les plantes, et l'effet capillaire est amélioré, explique Walter Thut. Un meilleur enracinement permet de stocker beaucoup plus d'eau. La croissance des végétaux est plus régulière. Au final, le rendement agricole est de 25 à 30% plus élevé.»

L'eau qui est tourbillonnée doit passer par un tube entouré de bobines de cuivre. Une unité de commandes électroniques envoie du courant dans ces fils de cuivre, qui crée un champ électromagnétique qui active les molécules d'eau. Celles-ci sont réorganisées, et leurs propriétés physiques sont modifiées. «Le procédé n'est en soit pas nouveau, souligne Walter Thut. En revanche, il fallait définir précisément les fréquences et intensités à envoyer au système.» C'est à quoi il s'est attelé avec Eric Valette et Nicolas Masserey, deux ingénieurs, cofondateurs de la PME. «C'est comme si nous avions dû trouver la sonorité et l'intensité exactes qui permettent de faire vibrer l'eau sans casser le verre», compare le directeur de Planet Horizons. Plusieurs brevets ont été déposés pour cette machine, qui porte le nom d'Aqua-4D.

Le procédé ne convainc guère certains scientifiques, notamment la Société valaisanne de physique. Ses représentants, Yves Barmaz, Thierry Bernhard, François Bianco et Nicolas Produit ont estimé, par une prise de position dans Le Nouvelliste, que le produit proposé par Planet Horizons consiste en une simple bobine de fil montée sur un tuyau, le tout revendu à des milliers de francs, avec une valeur ajoutée «justifiée» par des pseudo-théories physiques.

Quoi qu'il en soit, les clients de Planet Horizons paraissent enchantés, à l'exemple de Maurice Dussex, agriculteur à Saillon. «Cela fait plusieurs années que j'utilise cet appareil. J'ai vite constaté que mes salades, légumes et fruits étaient en meilleure santé. J'utilise moins d'engrais et de produits traitants. Aujourd'hui, 90% de ma production est de premier choix alors que, précédemment, ce pourcentage atteignait 60 à 70%», explique cet agriculteur, qui fournit ses 300000 salades par an et ses tomates au groupe Manor et à plusieurs primeurs.

Quelque 1400 unités ont été installées aussi bien pour la culture maraîchère que pour diminuer l'entartrage et la corrosion de certaines habitations. La commune de Venthône (VS) a installé un système de purification du réservoir d'eau potable prévu pour 1000 habitants. L'objectif étant d'éliminer le calcaire. La commune d'Orsières (VS) utilise également le procédé pour lutter contre la corrosion des tuyaux de canalisations de certains bâtiments. Les ondes électromagnétiques permettent de rétablir la situation. «Les tubes remplis de calcaire et de rouille retrouvent pratiquement leur état de départ, explique Walter Thut. Nous allons prochainement installer notre système dans le Centre de formation de Macolin.»

Le système a été installé il y a trois ans à Crans-Montana (VS) dans le lac de la Moubra qui souffrait d'un problème d'eutrophisation (excès d'algues). Un câble de plusieurs mètres a été placé au fond du lac, d'où il émet des ondes électromagnétiques. «Le lac absorbe ainsi davantage d'oxygène, ce qui améliore sa transparence. D'autres plans d'eau utilisent aujourd'hui notre système», souligne Walter Thut.

Dans les stations d'épuration, le traitement physique de l'eau permet de diminuer d'environ 30% les boues à éliminer.

Planet Horizons participe actuellement à plusieurs projets universitaires, notamment avec le Laboratoire d'optimisation de la conception et ingénierie de l'environnement de l'Université de Savoie et d'autres projets avec l'Université de Grenoble et le laboratoire de biotechnologie environnementale de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

Actuellement, le marché prioritaire de Planet Horizons est celui de l'élevage. «Notre machine permet de traiter les biofilms, à savoir les dépôts organiques qui se forment dans les réservoirs d'eau. Ces dépôts visqueux sont des aires de reproduction pour les bactéries qui peuvent être toxiques pour le système digestif des animaux de ferme. Une meilleure eau entraîne une meilleure digestion qui permet, à son tour, de diminuer de 8% les énormes quantités annuelles de farines et de maïs donnés en fourrages. La lutte contre les maladies s'en trouve améliorée et les coûts vétérinaires diminuent.»

Soutenue par la structure d'encouragement à l'innovation CimArk, Planet Horizons, qui compte huit collaborateurs, prévoit de réaliser un chiffre d'affaires de 1,5 million de francs en 2008 et de le doubler en 2009. Différents projets de collaborations en Espagne, Italie, Allemagne, France, Afrique du Nord et Israël sont également en cours.