RADIOLOGIE

Innovation & Technologie. Le logiciel d'imagerie médicale Osirix entre dans la cinquième dimension

La version 3 d'Osirix, lancée au mois de novembre, permettra d'observer, par exemple, le cerveau et son métabolisme, le cœur en mouvement ou un rein et le flux sous-jacent

Osirix, c'est l'histoire d'un succès. Développé par Antoine Rosset et Osman Ratib, radiologues aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), ce logiciel gratuit démocratise l'imagerie médicale. Entre 15000 et 17000 médecins ou scientifiques dans le monde entier utilisent chaque mois cet outil qui permet de reconstituer le corps humain en 3D. Passionné d'informatique et chef de clinique aux HUG, Antoine Rosset a développé à ses heures creuses ce logiciel libre d'accès et offrant la possibilité d'accéder au code source (Open Source). Cela signifie qu'il peut être modifié au gré des utilisateurs. «Dès que nous mettons sur le réseau une nouvelle version d'Osirix, des milliers d'utilisateurs testent et améliorent le code, à l'exemple de Linux», explique Osman Ratib. Antoine Rosset, qui a écrit 90% du programme, supervise les différentes interventions.

A partir d'un simple Mac (le logiciel ne fonctionne que sur Apple) et d'un CD ou d'un DVD contenant les images provenant d'appareils médicaux (IRM, scanner, etc.), le médecin peut reconstituer et «se promener» dans le corps d'un patient. «Grâce à Osirix, la localisation et la visualisation de certaines pathologies sont ainsi plus aisées. Le chirurgien peut, par exemple, planifier la pose d'une prothèse de hanche avant une intervention», explique Osman Ratib, chef du département de radiologie aux HUG, rebaptisé récemment Département d'imagerie et des sciences de l'information médicale.

L'imagerie a beaucoup évolué, générant un volume d'informations de plus en plus important. Avant Osirix, seuls les instituts de radiologie possédaient des logiciels performants capables de traiter cette masse de données. «Les solutions commerciales actuelles sont très onéreuses, souligne Osman Ratib. Un médecin généraliste ne peut pas s'offrir une station d'imagerie médicale à 200000 francs.»

Le projet Osirix a démarré en 2004 à Los Angeles. En 2005, il a obtenu le prix «Apple Design Award» ainsi que de nombreuses distinctions à des congrès médicaux. Aujourd'hui, ce logiciel offre la possibilité de voir le corps en mouvement. C'est ce qu'on appelle de la quatrième dimension. Dans le courant du mois de novembre, à l'occasion du RSNA, un important congrès de radiologie à Chicago, Osirix sortira la version 3 de son logiciel. Celui-ci sera dépendant de Leopard, le nouveau système d'exploitation d'Apple. Il sera plus adapté au traitement d'images provenant de nouvelles générations de scanners comme le PET CT, une machine qui filme l'organe et suit son fonctionnement grâce à l'injection de traceurs radioactifs.

Cette version 3 permettra d'observer, par exemple, le cerveau et son métabolisme, le cœur en mouvement ou un rein et le flux sous-jacent. Osirix entre ainsi dans la cinquième dimension et concurrence désormais les solutions propriétaires de constructeurs tels Siemens, Philips ou Toshiba.

«Nous avons pris l'option OpenSource qui n'a pas de retombées financières mais qui permet une plus grande distribution dans le monde médical. En outre, quelques sociétés se sont créées autour d'Osirix», explique Osman Ratib. Elles offrent des services aux utilisateurs tels que l'installation, le support du logiciel et la formation de médecins.

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