Pendant trois jours, la semaine passée, la microtechnique a rassemblé grand public et spécialistes à Neuchâtel à l'occasion de Micro 08 (lire LT du 29 août 2008). L'événement, organisé par des instances académiques et de recherche, a notamment mis l'accent sur la microtechnique dans le domaine médical, fortement demandeur de produits innovants qui allient précision, miniaturisation et traçabilité dans un environnement stérile. Philippe Mavrocordatos, médecin anesthésiste, directeur du centre de la douleur à la Clinique Cecil à Lausanne, a présenté l'exemple d'électrodes pouvant être implantées chez certains patients qui souffrent notamment de douleur chronique du dos. «La stimulation électrique de bas voltage appliquée à la moelle épinière permet d'inhiber la sensation de douleur», a-t-il expliqué.

La microtechnologie devrait également permettre de développer un nouvel outil destiné à la chirurgie stéréotaxique. Claudio Pollo, neurochirurgien au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), Jean-Philippe Thiran, professeur à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et Olivier Duvanel, chercheur à l'Institut des microtechniques industrielles de Saint-Imier, développent un dispositif léger pour localiser précisément une zone du cerveau ou une tumeur.

Création d'une start-up

L'appareil assure le calibrage exact de l'intervention sur le patient. L'outil permet, grâce à des moyens d'imagerie médicale, d'extraire des repères dans l'espace et d'obtenir la position exacte de la cible à atteindre. Actuellement, le chirurgien doit fixer un encombrant cadre autour du crâne du patient.

Un premier prototype de ce petit outil a été réalisé. Des tests cliniques à large échelle devraient démarrer fin 2009. Cette collaboration entre ingénieurs et médecins devrait également donner naissance à la start-up Stereotools, qui se chargera de commercialiser l'appareil.

Comment faire en sorte que la microtechnologie permette d'alléger, et non pas d'augmenter, notre pression sur la nature et l'environnement? Suren Erkman, professeur à l'Université de Lausanne et à l'EPFL, a souligné que les micro et nanotechnologies donnent beaucoup d'espoir mais génèrent également un risque lors de leur processus de fabrication et leur devenir après usage.

Enfin, toutes une série de conférences a permis de faire connaître la microtechnique au grand public, notamment aux enfants. Christophe Ballif, professeur à l'Université de Neuchâtel, a fait connaître les défis qui attendent les chercheurs pour faire du solaire la source principale d'énergie d'ici la fin du XXIe siècle. André Borschberg a présenté Solar Impulse, le premier tour du monde en avion propulsé par l'énergie solaire.

Samedi matin, Herbert Shea, professeur à l'Université de Neuchâtel et à l'EPFL, Ye Peijian, directeur général et ingénieur en chef du programme d'exploration spatiale chinois, et Claude Nicollier, spationaute de l'Agence spatiale européenne, ont abordé le thème de la microtechnologie et l'espace. Dans les satellites en orbite autour de la terre ou dans des robots sur la surface d'autres planètes, les microsystèmes jouent un rôle de plus en plus important.