Polytech Ventures, un nouveau fonds pour aider les start-up, vient d'être lancé. Stéphane Zrehen, qui a travaillé dans le domaine du capital-risque chez HPI, ainsi que chez Unilog et Medtronic, en assure la direction. Interview.

Le Temps: Combien de projets seront soutenus chaque année par Polytech Ventures?

Stéphane Zrehen: Environ deux projets par année pendant cinq ans. A partir de la sixième année, nous revendrons certaines participations. D'ici à dix ans, elles auront toutes été cédées à d'autres investisseurs ou à des acquéreurs.

Entre 200000 et 2 millions de francs seront investis dans chaque société en plusieurs tranches. Une quarantaine de dossiers ont été étudiés depuis six mois mais, pour l'instant, seule la société PicoDrill à Lausanne a été sélectionnée.

- Où se situe Polytech Ventures dans le paysage du capital-risque romand?

- Nous comblons une lacune. Aujourd'hui, il existe des aides institutionnelles de type CTI (Agence pour la promotion de l'innovation) ou FIT (Fondation pour l'innovation technologique) qui amènent les premiers fonds. Parallèlement, des sociétés de capital-risque interviennent dans des projets plus mûrs. Entre deux, il n'y a rien.

Eclosion à Genève fonctionne sur le même modèle mais dans le domaine des sciences de la vie. Certains campus universitaires, à l'exemple de Cambridge, proposent également ce type de fonds.

- Quels sont vos critères de sélection?

- La technologie doit être réellement innovante, la société doit générer en quelques années un chiffre d'affaires et des profits importants. L'équipe doit être solide. Nous nous intéressons à tous les domaines à l'exception de la pharma et des biotechnologies. Autre facteur de décision: le montant total de l'investissement ne doit pas être trop important. Le fonds s'adresse à toutes les sociétés qui ont des activités significatives en Suisse romande. La crise actuelle sur les marchés financiers devrait, je l'espère, créer plus de vocations et d'innovations.

- Comment est organisé le fonds?

- Le fonds privé Polytech Ventures SCPC a déjà trouvé 13 millions de francs auprès d'entreprises romandes et d'investisseurs privés. Il s'agit de sociétés qui voient un intérêt à s'approcher de l'EPFL pour avoir accès à l'innovation mais aussi d'anciens étudiants qui désirent remercier l'institution pour leur réussite.

La société Polytech Advisors, financée par le canton de Vaud à hauteur de 400000 francs par an pendant cinq ans, gère le fonds Polytech Ventures SCPC. L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), la Fondation du Parc scientifique sur le site de l'EPFL, la Fondation EPFL+, la Fondation pour l'Innovation Technologique et la Fondation de Famille Sandoz figurent parmi les partenaires de la société de gestion.

- Le canton de Vaud ou l'EPFL participent-ils au processus de sélection des sociétés dans lesquelles vous investissez?

- Absolument pas. Cette responsabilité a été confiée à un comité de cinq personnes constitué de Per Dybwad, fondateur de Sports adVentures, une compagnie d'investissements dans le domaine des articles de sport, Olivier Trancart de la société I-flex Solutions, un leader mondial dans les systèmes d'informations pour l'industrie financière, Jacques Essinger, CEO de Wexim et Symetis, deux sociétés de technologies médicales, Peter Bordui, président du conseil d'administration de Bookham, un fournisseur de composants optiques, et Damien Tappy, président et cofondateur d'Endeavour Vision.