De nombreux projets originaux émanent des différents instituts de la Haute Ecole d'ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD). A l'occasion de ses premières portes ouvertes, mardi dernier à Yverdon-les-Bains, quelque 350 invités représentant les milieux politiques, économiques et industriels ont pu faire connaissance avec ses nombreuses réalisations technologiques ainsi qu'avec les différentes start-up issues de la HEIG-VD.

Parmi les projets présentés, on peut citer l'exemple d'un réfrigérateur solaire à adsorption. Développé il y a dix ans par Philippe Dind et ses assistants au sein du Laboratoire d'énergétique solaire et physique du bâtiment, il entre aujourd'hui en phase de commercialisation. «Le Centre Albert Schweitzer, une organisation non gouvernementale du Burkina Faso, avait mandaté notre laboratoire pour développer un réfrigérateur permettant de stocker des médicaments dans des régions non électrifiées, explique Stéphane Citherlet, responsable du laboratoire. Contrairement à un frigo standard, ce système fonctionne sans pièce mobile, ce qui réduit fortement le risque de panne, toujours difficile à résoudre dans ces régions.»

Ces réfrigérateurs sont équipés d'un capteur solaire thermique qui contient des petites billes poreuses en zéolite. Au cours de la journée, le rayonnement solaire chauffe le capteur, ce qui augmente la pression et la température dans le système et fait sortir la vapeur d'eau contenue dans la zéolite. Cette vapeur va se condenser et s'écouler dans un bac qui est situé dans le bahut contenant les médicaments. Lorsque l'ensoleillement baisse, le capteur se refroidit et la pression diminue dans le système. L'eau peut ainsi se vaporiser en prenant de la chaleur dans le bahut, ce qui refroidit ce dernier et forme un stock de glace permettant de maintenir le froid durant deux à trois jours sans soleil. Telle une éponge, la zéolite contenue dans le capteur va réabsorber cette vapeur. Et le cycle recommence le jour suivant.

Ce réfrigérateur, primé au Salon international des inventions 2008 de Genève, est désormais commercialisé par la société française Solaref. «Tout est fabriqué en pièces détachées en France et assemblé sur place», explique Stéphane Citherlet.

Skis électroniques

Autre projet original mais d'un tout autre type: des skis avec fixations électroniques. Le projet, issu de l'Institut de micro et nanotechnique (MNT), est développé en collaboration avec la société Salomon. «Ces fixations ont pour but de diminuer les accidents de ski, note François Salchli, responsable du projet au sein de la HEIG-VD. A grande vitesse, les fixations se décrochent de manière mécanique mais à vitesse réduite le ski reste très souvent accroché à la chaussure. Et parfois, ce type d'accident entraîne un déchirement des ligaments croisés arrière du genou.»

La fixation développée au sein de la HEIG-VD contient des capteurs qui peuvent déceler l'effort du soulier et se décrocher de manière électronique si cela s'avère nécessaire. L'Institut de micro et nanotechnique fournit des circuits miniatures à très faible consommation à la société neuchâteloise Semtech.

Bien d'autres projets ont été présentés, à l'exemple d'instruments de musique futuristes, de surfaces interactives, d'une montre avec un bouton à presser pour appeler à l'aide si nécessaire ou, encore, une seringue permettant d'injecter de façon automatique des liquides à forte viscosité.