En posant sa tasse de café au comptoir, toute une série d'informations lumineuses apparaissent sur le zinc qui se transforme en écran tactile. La société lausannoise Atracsys a présenté ce meuble intelligent à l'International Funkaustellung à Berlin en septembre dernier, une foire dédiée à l'électronique.

Nespresso a testé ce bar pour mieux faire connaître ses cafés. «Les applications sont infinies. Un restaurant pourrait s'en munir pour que ses clients consultent, directement sur leur table, des horaires de cinéma, les cours de bourse ou les prévisions météo», explique Maurice Hälg, cofondateur de la start-up. Un magasin qui commercialise des téléphones portables prévoit d'en utiliser un pour présenter les caractéristiques de ses appareils et même comparer les différents modèles lorsqu'ils y sont déposé.»Chaque appareil, tasse ou autre produit doit simplement être équipé d'un code-barres ou d'une étiquette munie d'un dessin signalétique. A l'intérieur du meuble, plusieurs caméras filment ces informations. Des algorithmes traitent l'image en temps réel et reconnaissent l'objet déposé.

Des vidéo-projecteurs affichent alors des informations liées, par exemple, au café contenu dans la tasse. Tel un écran tactile, ce meuble parvient également à reconnaître un doigt qui l'effleure et donne ainsi l'ordre de diffuser des détails complémentaires.

La communication interactive permet de mieux faire passer un message publicitaire auprès des consommateurs. Dans ce contexte, la société Atracsys développe une vitrine «intelligente», munie de caméra infrarouge. Le passant qui s'arrête devant la vitrine est filmé. Grâce à un logiciel de traitement de l'image, la vitrine reconnaît le sexe, l'âge ou même l'humeur de cette personne. La vitrine peut dès lors «parler» au consommateur tout en diffusant, en transparence, des informations sur les articles exposés. «Il y a quelques jours, nous avons fait un essai avec Nestlé pour une publicité sur le chocolat Kit Kat», souligne Maurice Hälg.

Cette vitrine est encore à un stade expérimental. Pour générer du chiffre d'affaires, la société Atracsys, fondée en 2004 par Maurice Hälg et Gaetan Marti, commercialise un système de mesure permettant de guider par triangulation les chirurgiens. «On peut le comparer à un GPS pour la chirurgie mais en beaucoup plus précis, puisque des mouvements d'un dixième de millimètre peuvent être visualisés en temps réel sur un écran», explique Maurice Hälg.

Avec cet appareil, Atracsys vise également la vérification des pièces sur les chaînes de production, notamment dans le domaine automobile. «Nous vendons une cinquantaine d'appareils par année. Autre source de revenu: la location du système beMerlin qui a notamment été utilisé par Tissot pour présenter la montre T-Touch lors du dernier Salon mondial de l'horlogerie à Bâle. Il s'agit d'un écran non tactile qui permet de manipuler, faire tournoyer et observer dans les moindres détails des objets en trois dimensions. Et tout cela sans les toucher. Uniquement en les montrant du doigt.

Deux caméras infrarouges reconnaissent les mains d'une personne qui s'approche de cet écran. Grâce à un système de triangulation, ces mains sont précisément positionnées dans l'espace. Dès qu'un doigt pointe un élément, le processeur du système beMerlin interprète cet arrêt de mouvement comme un «clic» de souris.

«Depuis le début de l'année, plusieurs sociétés ont loué notre système pour présenter leur produit, notamment dans le domaine médical et horloger», souligne Maurice Hälg dont la société est issue du groupe VRAI (virtual reality actif interface) de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Basée dans le bâtiment de la Haute Ecole d'art et de design (ECAL) à Renens et totalement autofinancée, la jeune société, qui compte six collaborateurs, prévoit d'engager deux à trois personnes supplémentaires.