Le projet commercial développé par la start-up Akhtis à Yverdon a séduit un grand groupe électronique sud-coréen. Son nom est maintenu encore sous silence. Toutefois, cet accord promet un déploiement d'envergure pour ces luminaires d'un nouveau genre.

Ces lampes «révolutionnaires», dont les prochaines générations seront développées par le Laboratoire d'application de la physique et des technologies émergentes (LAPTE) de la HEIG-VD en partenariat avec Akhtis, ne contiennent ni mercure, ni plomb ou autres substances toxiques. Elles permettent de diminuer de façon drastique les coûts de maintenance et réduisent la consommation d'énergie de 20%.

Le professeur Mirko Croci, directeur du LAPTE, travaille depuis plusieurs années sur la technologie «plasma soufre». Il a modifié et amélioré certains procédés. Etonnamment, c'est une passion commune pour la musique qui a réuni Mirko Croci, un passionné de Bach, et Christophe Auer, un pianiste professionnel. Il y a un an, ils ont créé ensemble Akhtis, une société qui est sur le point de commercialiser ces nouvelles lampes. Celles-ci sont constituées d'un bulbe en quartz rotatif contenant de la poudre de soufre et de l'argon qui sont excités par un faisceau micro-onde générant ainsi un spectre lumineux continu proche des rayons émis par le soleil. «La perte de flux lumineux est de seulement 4% sur quatre ans, contre 20 à 30% avec les systèmes d'éclairage traditionnels», note Christophe Auer, CEO de la société. En outre, l'utilisation de ce système est aussi simple que d'allumer une lampe traditionnelle.»

Applications industrielles

L'absence de filament et d'électrode garantit une longévité record pour les deux produits actuellement commercialisés par Akhtis, ayant respectivement une puissance de 700 watts et 900 watts. «Il n'est quasiment plus nécessaire de changer les ampoules. Dans le monde, 28 millions de lampes à incandescence ainsi que 10 millions de tubes fluorescents sont remplacés chaque jour!» souligne Christophe Auer. «Selon nos tests, notre dispositif assure 25000 à 30000 heures d'éclairage.»

Ces dispositifs sont destinés à des applications industrielles, à l'éclairage de terrains de football, de tennis ou des patinoires ainsi qu'à l'éclairage de bâtiments ou d'œuvres d'art. «Le rendu du contraste est aussi fidèle qu'en plein jour», assure Christophe Auer. Le LAPTE cherche à rendre ces lampes aptes à remplacer les lampadaires urbains de basse puissance qui utilisent traditionnellement du sodium haute pression et génèrent souvent un spectre orange. «Avec notre technologie, c'est comme si un soleil miniature éclairait nos rues. La lampe se rapproche à 89,9% du spectre solaire, explique le CEO d'Akhtis. La ville de Lausanne et d'autres communes ont déjà manifesté de l'intérêt pour ces nouveaux dispositifs.»

Pour répondre aux directives européennes en matière d'énergie, les lampes, produites en Corée du Sud, seront adaptées sous la responsabilité d'Akhtis par la société Solaronix à Aubonne, laquelle gère l'homologation et la qualité des produits.

Concurrencer les LED

Soutenu par le Centre d'études et de transferts technologiques de la HEIG-VD (CeTT), Akhtis se lance sur un marché suisse annuel estimé à 580 millions de francs et souhaite se faire une place aux côtés des géants du secteur, tels Osram et Philips, qui investissent pour leur part massivement dans les LED (Light Emitting Diode) et les OLED (Organic Light Emitting Diode). Constituées d'une ou de plusieurs diodes, celles-ci ont pour caractéristique d'émettre une lumière très blanche. Elles se consument lentement et permettent la création de luminaires très compacts, de parois ou de panneaux lumineux. «Nous concurrençons les LED dans le domaine de l'éclairage public et industriel où des dispositifs beaucoup plus puissants sont nécessaires.»