Il y a une vingtaine d'années, seuls quelques vaccins étaient effectués, avec des rappels pour le tétanos. Aujourd'hui, toute une série de nouveaux vaccins sont apparus, permettant de lutter contre les hépatites A et B, le cancer du col de l'utérus, la varicelle, les méningocoques C ou la méningo-encéphalite à tiques. Certains doivent être administrés en plusieurs doses et nécessitent des rappels pour assurer l'immunité.

«Environ 30 à 40% des jeunes adultes ne sont pas à jour avec leurs vaccins. Un pourcentage qui s'avère être encore plus important chez les personnes plus âgées», explique Claire-Anne Siegrist, professeure au Centre de vaccinologie et d'immunologie néonatale de l'Université de Genève. Elle a développé avec Gerhard Schmutz, informaticien, un logiciel indiquant, en quelques clics, les vaccinations nécessaires à effectuer, les intervalles minimaux à respecter entre les doses et les éventuels rattrapages à prendre en compte. Il propose aussi des solutions adaptées à l'âge lorsque l'anamnèse vaccinale est inconnue.

«Avec les vaccins combinés que l'on trouve actuellement sur le marché, cette gestion individuelle des vaccinations devient très compliquée pour les médecins généralistes», note Claire-Anne Siegrist qui doit répondre régulièrement à des interrogations du corps médical.

Après trois années de développement, la start-up Viavac a été créée pour commercialiser cet outil. «Nous avons dû adapter une centaine de règles et de scénarios possibles en langage informatique», souligne Claire-Anne Siegrist.

Disponibles depuis le printemps dernier, plusieurs centaines de licence ont déjà été vendues à des médecins généralistes, des internistes, des pédiatres et des gynécologues.

Des accords de distribution ont été passés avec la caisse des médecins et plusieurs groupes pharmaceutiques, à l'exemple de Baxter, Berna Biotech, Galexis, GlaxoSmithKline, Novartis ou Sanofi Pasteur. Ces accords ont permis à Viavac de se faire connaître auprès des médecins.

Partenariat

La jeune société a également effectué un partenariat avec PharmaSuisse qui a acheté environ 1000 licences et prévoit d'offrir ce service directement dans les pharmacies à partir de cet automne. «Cela ne prendra pas plus de 5 minutes au pharmacien ou à son assistant de vérifier le bilan vaccinal d'un patient à partir de quelques données simples: nom, sexe, date de naissance et noms de marque de vaccins reçus, explique Claire-Anne Siegrist. Et cela permettra de prendre un rendez-vous chez le médecin en sachant que des vaccins sont nécessaires!»

Viavac travaille actuellement sur une version qui devrait être disponible sur Internet et prévoit d'adapter son logiciel aux plans de vaccinations d'autres pays.