Entreprise familiale spécialisée dans le fer forgé et la fabrication de portes et cadres de fenêtre en aluminium et en acier, Dietlin Artisans Métaillers s'est muée, avec la troisième génération, en entreprise de haute technologie.

Son diplôme de l'Ecole des arts et métiers de Berne en poche (spécialisation design), Xavier Dietlin, le petit-fils du fondateur de cette société fondée en 1854, a consacré quatre ans au football avant de rejoindre, en 2000, l'entreprise familiale établie à Romanel dans le canton de Vaud. Passionné d'horlogerie, il a rapidement développé des vitrines haut de gamme pour présenter montres et bijoux. Ce secteur contribue aujourd'hui à 80% du chiffre d'affaires de la PME.

Chaque année, Dietlin élabore trois à quatre nouveaux modèles, qui offrent une nouvelle impulsion à l'exposition horlogère.

L'entreprise vient, par exemple, de développer un verre - dénommé LCG (Liquid Crystal Glass). Totalement transparent, il peut comme par magie faire apparaître et disparaître des dessins, des logos, des phrases ou s'obscurcir à des endroits bien définis. Quelques secondes après ces apparitions, il redevient immaculé et translucide, laissant juste apparaître un modèle de montre. Aucun cadre métallique ou fil électrique disgracieux n'est visible.

Ce nouveau matériau est constitué d'une feuille de polyéthylène, prise en sandwich entre deux plaques de verre. Cette feuille est découpée en plusieurs zones. Chacune d'entre elle est reliée à un fil électrique de quelques microns seulement. Celui-ci est acheminé à un microprocesseur miniature qui gère le «spectacle» visuel et donne l'ordre de polariser ou non des zones prédéfinies.

«C'est le même principe que celui de la montre digitale. Mais l'innovation réside dans la transparence totale du système», souligne Xavier Dietlin.

Le film de polyéthylène est découpé en Asie. Puis, il est inséré entre les deux verres dans une usine aux Etats-Unis. Enfin, toute la gestion du système est réalisée en Suisse, en collaboration avec la société FiveCo, une start-up issue de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

Le système a été conçu pour le fabricant horloger Hublot. C'est d'ailleurs le même groupe qui a mandaté Dietlin pour réaliser le Raptor, une vitrine rétractable, vendue aujourd'hui à plus de 200 exemplaires. L'objet exposé disparaît lorsque le visiteur s'en approche d'un peu trop près. La montre est comme engloutie dans le socle grâce à un système à infrarouges.

Autre projet, toujours pour Hublot: la vitrine contenant une caméra, pivotable à 360 degrés et pouvant être actionnée grâce à un écran tactile. Le visiteur peut observer l'objet sous toutes ses coutures et effectuer des gros plans. Le pilotage de cette caméra pourra être réalisé sur le site internet de l'horloger, via le Web 3.0.

Selon Xavier Dietlin, les vitrines sont trop statiques. Il a toutes sortes d'idées pour les animer à l'exemple d'un carrousel d'exposition permettant d'accueillir dans différents compartiments des montres et bijoux. Toutes les deux secondes, un nouvel objet apparaît. Entre chaque «scène», la vitrine s'obscurcit, le mécanisme tourne et fait place à un nouveau produit.

Début 2009, deux boutiques, l'une à Genève et l'autre à Paris, installeront ce carrousel. Ce type de vitrine technologique a évidemment un coût: entre 10000 et 15000 francs.

La société Dietlin, qui compte douze collaborateurs et réalise un chiffre d'affaires de 3,5 millions de francs, a également élaboré une boîte d'exposition qui s'ouvre par empreinte digitale ou celle qui détecte les chocs et, le cas échéant, déploie un système de blindage.

«Plusieurs fois par seconde, ce modèle analyse les vibrations reçues, explique Xavier Dietlin. Nous travaillons essentiellement pour les horlogers qui financent la recherche et le développement des nouveaux produits mais nous élaborons également des systèmes pour des architectes.»