Le géant suédois de l'emballage Tetra Pak va fermer son usine de Romont et supprimer 123 emplois. «Nous avons annoncé la nouvelle mardi matin aux employés. Ils vont perdre leur travail, c'est vrai», a déclaré Christopher Huntley, vice-président du groupe chargé des communications. La décision, à ce stade, est d'ouvrir un processus de consultation avec les salariés du site, portant sur la proposition de fermer l'usine. Ces discussions pourraient durer plusieurs mois. 

«Aucune décision définitive ne sera prise tant que la consultation avec les représentants des employés ne sera pas terminée», a indiqué Tetra Pak dans un communiqué.

Le QG du groupe à Pully n'est pas concerné
La croissance insuffisante du principal produit fabriqué à Romont, les emballages Tetra Recart, a joué un rôle décisif. Il s'agit d'un emballage en carton pour aliments, qui peut remplacer les boîtes de conserve traditionnelles.

La croissance des ventes du produit a été décevante, selon Tetra Pak. Deux usines le fabriquent: Romont et le site de Budaörs en Hongrie. Les deux tournent actuellement en sous-capacité. Le groupe a donc décidé de sacrifier le site le moins compétitif - Romont. 

«L'environnement européen est devenu beaucoup plus dur ces dernières années», conclut Christopher Huntley. Dans ce contexte de croissance faible et de compétition accrue dans le secteur de l'emballage, maintenir une production de Tetra Recart à Romont «n'avait plus de sens», selon le vice-président. 

Le QG du groupe à Pully n'est pas concerné, assure Tetra Pak, qui y maintiendra son siège européen. L'usine de Romont, en revanche, avait vu ses capacités de production réduites ces dernières années. En 2005, Tetra Pak avait déjà annoncé la suppression de 131 emplois sur 241, avec effet à fin 2006.

Pour Philippe Monnier, ancien directeur du Greater Geneva Berne area (GGBa), l'organisme qui a pour mission principale d’attirer des entreprises étrangères en Suisse occidentale, c'est probablement le franc fort qui explique en grande partie la décision de Tetra Pak. «Les raisons d'ordre fiscal ou les soucis liés au recrutement de main d'oeuvre étrangère sont sans doute mineurs, estime-t-il. La cherté du franc oblige les entreprises à être plus efficaces. Certaines n'ont pas d'autres choix que de supprimer des emplois ou de fermer certaines activités. Malheureusement, il est probable que d'autres annonces suivront. Mais certaines sociétés réduisent leurs postes de manière discrète sans que la nouvelle ne paraisse dans la presse.»

Contacté par Le Temps, le syndic de Romont ne s'est pas exprimé. Conseiller d'Etat en charge de l'Economie, Beat Vonlanthen a expliqué à l'ats qu'"il s'agit d'une très mauvaise nouvelle pour l'économie fribourgeoise". Le responsable prévoit de discuter avec Tetra Pak pour essayer de faire revenir l'entreprise sur sa décision, tout en reconnaissant que ce sera "très dur". 

Informé la semaine dernière, le conseiller d'Etat a pris la décision comme une "surprise dans la mesure où l'entreprise n'avait pas donné d'indications ces derniers mois sur une éventuelle fermeture de l'usine de Romont. Leur décision s'inscrit toutefois dans une logique de désindustrialisation rampante en Suisse."

C'est la deuxième fermeture d'usine en quelques jours dans le canton. Le 21 octobre, l'américain Elanco avait annoncé l'arrêt des activités de son site de St-Aubin, qui compte 80 emplois.