«On m'a toujours dit que je reprendrais la régie.» Quatrième du nom à la tête de la régie lausannoise Galland, Patrice Galland a aujourd'hui 38 ans. «Tous mes cadres sont plus âgés que moi», observe-t-il: c'est encore l'équipe de son père. Philippe Galland, décédé le 5 juin dernier, s'était retiré de l'affaire en 1994 déjà. Energique et vif, son fils Patrice, dernier-né de la dynastie, n'a pas de complexes: «J'ai fait mes débuts comme «fils à papa.» C'est que par la suite, il s'est révélé naturellement doué pour la vente et a prouvé plus tard ses compétences pour l'organisation et la direction. En 1988, il fait remonter les ventes en flèche. Elève doué de l'immobilier? «J'ai un talent pour le travail», préfère-t-il dire. Il ne rechigne pas devant les responsabilités. «Les Galland sont de fortes têtes», souligne le descendant de cette famille huguenote du Dauphiné dont l'ancêtre venu en Suisse romande, Alfred Galland, a fondé en 1889 la banque privée Galland & Cie. Par la suite, Maurice, le grand-père de Patrice, a développé au sein de la banque le service immobilier, qui se donne dès 1954 une raison sociale distincte. Maurice Galland a aussi créé la Société vaudoise des régisseurs et la Chambre vaudoise immobilière.

En 1999, Patrice Galland a fait évoluer la régie d'un bond. Il a refondu la structure désuète de la petite société, dont il est l'unique actionnaire depuis 2002. Tout a été modernisé: charte d'entreprise, direction, grille des salaires, intéressement des collaborateurs aux résultats. «C'est l'armée qui m'a donné la structure», précise le jeune régisseur qui a atteint le grade de capitaine. Capitaines de régie, ses trois sœurs n'y auraient pas pensé: ce n'est pas le style des Galland. Quant à la pérennité du nom, pas de souci: Adrien, 7 ans, et Bastien, 4 ans, pourront un jour assurer la succession de leur papa, mais seulement si cela les tente.