L'industrie du private equity, qui regroupe le capital transmission (buy-out) et le capital-risque, se porte comme un charme. Les rendements sont satisfaisants et l'argent afflue, indique Rainer Ender, directeur de Adveq, au Temps. La part des fonds alloués en Europe dans le private equity s'est accrue, selon le sondage d'Adveq auprès des institutionnels allemands. «La situation est semblable en Suisse», ajoute Rainer Ender. La part du private equity au sein des portefeuilles institutionnels est passée en trois ans de 1,2% à 2%. En 2003, les institutionnels signalaient leur intention de porter cette part de 2,2%. Ils y sont presque et, par leurs réponses, confirment cet objectif.

Le private equity est de plus en plus répandu auprès des assurances et caisses de pension: 40% des institutionnels y sont investis. Ils espèrent un rendement de 3,97% au-dessus des actions (8,5% pour ces dernières). La tendance est à la réduction des placements directs dans les entreprises (8%) au profit des fonds (41%) et des fonds de fonds (51%).

La diversification géographique s'est également améliorée, dans le sens où le biais local tend à disparaître. Les investisseurs tirent les enseignements des mauvaises années.

L'Asie en point de mire

Au chapitre des obstacles au private equity, les institutionnels citent bien moins qu'auparavant le manque de compréhension du domaine, l'illiquidité ou le manque de transparence du placement, mais davantage les frais de personnel. Clairement, la professionnalisation du processus d'investissement s'est accrue. Ainsi la responsabilité des placements dans le private equity est moins supportée par le directeur des placements (31% contre 49% en 2003), et plutôt confiée à une unité propre (29% contre 13) ou un responsable dédié au secteur (26% contre 13%).

Le private equity, avec une taille de plus de 250 milliards de dollars, mérite de quitter son image de placement alternatif. Il fait partie intégrante de la gestion du capital.

En son sein, le capital-risque reste, avec moins de 40 milliards de dollars au plan global, bien inférieur au capital transmission. Mais les montants investis sont en augmentation, essentiellement en Asie, même si les Etats-Unis demeurent le leader mondial, selon Rainer Ender. Les grands spécialistes du capital-risque se déplacent en Asie et y apportent les règles de gouvernance anglo-saxonnes. «C'est le meilleur des mondes possible, soit de formidables opportunités de croissance et une saine gestion des affaires», selon notre interlocuteur.

La sortie des investisseurs (exit) s'opère de plus en plus par fusions et acquisitions et moins par l'introduction de la société en Bourse. Seules les meilleures entreprises entrent en Bourse. L'an dernier, les IPO d'entreprises financées par les capital-risqueurs se sont limités à 44 aux Etats-Unis, 60 en Europe et 21 en Asie.

Au total, il n'y a pas d'augmentation du nombre de sorties. La stabilité est d'ailleurs un maître mot pour caractériser le capital-risque actuellement. On peut l'appliquer à la taille des tours de financement, au nombre de transactions en Europe et à la répartition des investissements entre sciences de la vie, technologie et le reste.

Quant à la valeur à laquelle sont financées les différentes phases de financement, aucun signe de surchauffe n'apparaît.