En ces temps troublés, les caisses de pension peinent à dénicher les classes d’actifs les plus sûres, selon le sondage semestriel de 138 investisseurs institutionnels représentant 1240 milliards d’euros, réalisé par Allianz Global Investors et IPE Europe.

En majorité, ces institutionnels pensent que l’euro va survivre. Mais la confiance s’effrite presque partout, sauf en France, où 100% des institutionnels interrogés pensent qu’il survivra, contre 91% il y a six mois. Par contre, l’Italie semble perdre la foi dans la monnaie unique. La survie de l’euro est attendue par 67% (100% il y a six mois), en Suisse par 73% (86), en Allemagne par 89% (93%).

Il ressort du sondage que 2 participants sur 5 s’attendent à une réduction de nombre de membres de la zone. Plus précisément, 39% prévoient une réduction de la zone, 17% un plus grand rôle pour la BCE - une idée qui arrive en tête auprès des instituts italiens - 11% l’introduction des eurobonds, 17% un renforcement du mécanisme de stabilité et 14% une plus forte union budgétaire.

Dans ce contexte, la sécurité est plus que jamais prioritaire. Mais où trouver la sécurité absolue? En temps normal, on répondrait par les actifs qualifiés de «sans risque» par les autorités de surveillance, soit les obligations souveraines. En réalité, les institutionnels n’y croient plus vraiment. Ils ne sont que 33% dans ce cas. 100% des caisses de pensions suisses estiment que les obligations de la Confédération sont sûres. Au Royaume Uni, toutes les caisses interrogées sauf deux sont également sûres de leurs obligations souveraines. Mais le maître mot, c’est la qualité: Au total en Europe, 11% des investisseurs estiment sûres les actions de qualité, 11% l’immobilier de qualité, 21% le crédit de qualité, 9% le marché monétaire, 5% les métaux précieux, 4% les infrastructures, 4% les monnaies fortes. La solution passe naturellement par la diversification et une allocation d’actifs dynamique.

Pour les institutionnels, le plus grand risque est celui de la volatilité des marchés. Non seulement des actions mais aussi des obligations. Le risque souverain est une préoccupation majeure pour 74% des investisseurs. Étonnamment, une hausse des taux d’intérêt est comprise comme un risque plus élevé qu’une baisse de taux. Les investisseurs les plus nerveux sur les taux sont les Hollandais.

En Suisse, le taux de change est pour 50% cité comme un risque majeur, contre 80% il y a six mois. Mais en Europe, ce taux tombe à 2%.

Le plus grand risque de gouvernance et de réglementation est l’augmentation du nombre de règlements (38%), largement devant les capacités limitées dans la gestion des risques et la complexité de la gouvernance. On notera qu’en Suisse, une exception en Europe, plus du quart des investisseurs considère que l’augmentation sensible des règlements est un «immense risque». Le taux a quadruplé depuis novembre.