Produits structurés

Des instruments financiers pour dormir sur ses deux oreilles

Les séances de montagnes russes récemment observées sur les marchés boursiers plaident résolument en faveur d’une couverture du portefeuille. Une telle stratégie peut être facilement mise en œuvre à l’aide de produits à effet de levier adaptés

Le 24 janvier dernier, la bourse suisse inscrivait un plus haut historique avec un Swiss Market Index (SMI) à 9616,38 points… juste avant que le vapeur ne se renverse. Au cours des seules trois premières séances du mois de février, l’indice phare a décroché de plus de 600 points. Mais cette correction ne s’est pas limitée à la Suisse: la vague de ventes massives a frappé de plein fouet l’ensemble des places boursières de la planète.

La mise en place d’une couverture du portefeuille permet de rester positionné sur le marché actions tout en réduisant le risque lié à d’éventuels nouveaux replis. A cette fin, les produits structurés sont très adaptés. Les investisseurs suisses, dont le portefeuille repose sur les grandes capitalisations helvétiques, se couvrent souvent via des Warrants Put sur le SMI. Egalement connus sous le nom de certificat d’option, ces instruments permettent de tirer des gains plus que proportionnels des baisses de cours du sous-jacent.

Exemple de couverture n° 1: Warrant Put sur le SMI

Prenons un investisseur qui souhaite protéger jusqu’au 21 décembre 2018 son portefeuille d’actions du SMI d’une valeur de 100 000 francs contre un recul de l’indice sous la barre des 8500 points. Pour cette stratégie, il peut un Warrant Put émis sur le marché et négocié à la SIX Structured Products Exchange. Le prix d’exercice – le strike – est fixé à 8500 points.

Au niveau actuel de l’indice, soit 8920 points, l’investisseur devrait acheter 5605 Warrants (100 000 CHF/8900 points x 500) pour tenir compte du volume du portefeuille, du cours actuel du SMI et du rapport de souscription du Warrant. Ainsi, les baisses du SMI sont désormais contrecarrées par l’augmentation de la valeur du Warrant Put jusqu’à l’échéance de fin 2018.

Actuellement, le produit cote à 0,90 CHF. La prime revient ainsi à 5044,50 CHF. C’est le coût pour «assurer» le portefeuille susmentionné. Parallèlement à la durée, au prix d’exercice et à d’autres facteurs, la volatilité implicite influence également la valeur d’un Warrant. En principe, plus la volatilité est forte, plus le cours du Warrant est élevé et inversement.

En revanche, la volatilité n’impacte pas les conditions d’un Mini-Future. Comme cette structure permet de miser sur des baisses de cours, elle constitue également un outil alternatif de couverture. Les détenteurs de Mini-Futures Short ne doivent apporter qu’une partie du capital nécessaire au positionnement, car la majeure partie du «niveau de financement» est prise en charge par l’émetteur du produit. Il en résulte un effet de levier. La durée illimitée des Mini-Futures constitue une autre différence structurelle par rapport aux Warrants.

Exemple de couverture n° 2: Mini-Future Short

Imaginons donc de couvrir un dépôt de 100 000 francs avec un Mini-Future Short. Le niveau stop-loss d’un tel dérivé se situe actuellement à 10 090 points en chiffres ronds, soit environ 13% au-dessus du cours actuel du SMI. Dès que le SMI atteint ou franchit ce seuil, le Mini-Future expire prématurément. La couverture prend alors fin et l’investisseur ne reçoit qu’une infime partie de la valeur résiduelle.

Dans la mesure où le rapport de souscription du Mini-Future sélectionné est le même que celui du Warrant, 5605 unités sont également nécessaires dans le cas présent. Pour un cours à 2,52 CHF, la mise s’élève à quelque 14 125 CHF*, soit près de 14% de la valeur du portefeuille. A noter qu’on pourrait réduire le montant investi en choisissant un produit doté d’un niveau stop plus bas.

Au final, le choix de l’instrument de couverture dépend des préférences de l’investisseur. S’il n’est pas disposé à payer une prime pour un Warrant dans un contexte de hausse de la volatilité, il pourrait privilégier les Mini-Futures. Avec l’avantage d’une couverture illimitée dans le temps. Mais il lui faudra surveiller de près le niveau stop-loss car, dans le cas des produits short, ce seuil diminue légèrement chaque jour afin de refléter les coûts de financement de l’émetteur.

En comparaison, le Warrant Put permet quant à lui de choisir la durée et le strike de manière ciblée. Attention encore: ces deux variantes peuvent générer des pertes élevées, voire une perte totale. Par exemple si le cours du sous-jacent atteint ou franchit le strike à l’échéance. Et l’investisseur n’oubliera pas non plus de prendre en compte le risque de crédit de l’émetteur.

* Données à la clôture du marché le 15.2.2018.

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