Le numéro un mondial des microprocesseurs, l’américain Intel, a annoncé mardi un bénéfice net en baisse de 55% pour le premier trimestre 2009, à 647 millions de dollars, mais néanmoins très supérieur aux attentes des analystes. Rapporté au nombre d’actions, le bénéfice courant s’élève à 11 cents, alors que les analystes n’attendaient que 3 cents.

«Nous pensons que les ventes d’ordinateurs ont touché leur plancher au premier trimestre et que le secteur revient à des cycles saisonniers normaux», a déclaré le directeur général Paul Otellini, cité dans un communiqué.

Le chiffre d’affaires, en chute de 26,16% alors que le secteur fait face à une crise de l’équipement informatique, s’est élevé à 7,14 milliards de dollars. C’est un peu mieux que ne l’espérait le groupe il y a trois mois (7 milliards) et ce à quoi s’attendaient les analystes (6,98 milliards).

«Les budgets des entreprises sont très serrés», a ajouté M. Otellini lors d’une conférence d’analystes, en avertissant qu’ils resteraient «restreints un bon moment» - même si les ventes de serveurs se maintiennent. En revanche, les ventes aux particuliers se tiennent bien, selon le groupe.

Relevant que «l’incertitude actuelle dans les conditions économiques mondiales rend particulièrement difficile de prédire la demande», le groupe californien s’est borné à indiqué qu’il attendait pour le trimestre en cours un chiffre d’affaires «à peu près stable».

L’action Intel, qui avait fait l’objet d’une grande activité en séance pour gagner 0,19%, poussée par des rumeurs de marché optimistes, perdait en revanche 5,25% à 15,17 dollars dans les échanges électroniques suivant la clôture de la bourse de New York.

En comparaison séquentielle, le bénéfice d’Intel s’inscrit en hausse de 176% sur celui du dernier trimestre 2008, le chiffre d’affaires en recul de 13%.

Le groupe, engagé dans un programme d’austérité qui lui a déjà permis d’économiser plus de 3 milliards de dollars depuis 2006, a confirmé ses prévisions de dépenses pour l’année, entre 10,4 et 10,6 milliards de dollars, en retrait d’environ 700 millions par rapport à 2008. Ses effectifs ont notamment fondu de 1400 postes depuis le 1er janvier, pour revenir à 82’500 salariés.

Intel a indiqué que sa marge brute du début d’année - principal critère d’analyse de la marche de ses affaires - s’établissait à 45,6%, nettement inférieure à celle des trimestres précédents (encore 53,1% au quatrième trimestre 2008), en raison de la sous-utilisation de ses usines et du coût de lancement de ses nouvelles puces de 32 nanomètres.

Cette marge devrait rester à un niveau similaire pour la période avril-juin. Si le problème de sous-utilisation des installations tend à s’estomper - «un peu plus vite qu’on ne s’y attendait», selon le directeur financier Stacy Smith - la pression sur les prix de vente se fait sentir.

Au premier trimestre, comme au trimestre précédent, les résultats ont été affectés par la dépréciation des participations du groupe, «principalement» celle de ses parts dans la société Clearwire, spécialiste du haut débit sans fil. Ce facteur a amputé sa rentabilité d’environ 1,1 milliard de dollars, un montant à peu près conforme à celui d’il y a trois mois.