Le groupe californien a encaissé une perte nette de 398 millions de dollars sur la période avril-juin, après avoir dû payer 1,45 milliards de dollars afin d’acquitter l’amende décidée en mai par la Commission européenne pour avoir illégalement écarté du marché son concurrent AMD.

Sans prendre en compte cette pénalité, le bénéfice par action d’Intel représente 18 cents, alors que les analystes n’attendaient que 8 cents. Le bénéfice courant reste tout de même amputé d’un tiers par rapport à la même période de l’an dernier, à un milliard de dollars.

Le directeur général Paul Otellini, cité dans un communiqué, a salué «l’amélioration des conditions régnant sur le marché des ordinateurs, avec la plus forte progression entre le premier et le deuxième trimestre enregistrée depuis 1988 et des attentes solides d’un second semestre plus fort».

L’optimisme du groupe a été salué par les investisseurs qui ont fait bondir le titre de 7,07% à 18,02 dollars dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse, après déjà une hausse de 2,06% en séance.

«Nos clients donnent des signes d’une confiance accrue pour les commandes du second semestre», a ajouté Paul Otellini lors d’une téléconférence, distinguant toutefois la situation du marché grand public, qui «ouvre la voie» de la reprise, de celle du marché des entreprises qui «reste faible».

En dépit de la sortie prévue à l’automne du nouveau système d’exploitation Windows 7, jugé performant par les spécialistes, «nous n’attendons pas un grand renouvellement (des équipements informatiques) des entreprises cette année», a précisé Paul Otellini. Le patron d’Intel faisait ainsi écho à son homologue du groupe informatique Dell: son PDG Michael Dell avait estimé en matinée qu’il faudrait attendre 2010 pour une vraie reprise du marché de l’informatique d’entreprise après des reports d’achat en 2009.

Intel a enregistré un chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars, meilleur qu’attendu et supérieur à celui du premier trimestre (7,14 milliards de dollars). Ses ventes ont toutefois été de 1,4 milliard de dollars inférieures à celles enregistrés entre avril et juin 2008.

Pour le trimestre en cours, le groupe attend une nouvelle progression de ses recettes, à 8,5 milliards («plus ou moins 400 millions»), contre 7,79 milliards estimés jusqu’à présent par les analystes.

Paul Otellini a précisé que le marché avait été particulièrement favorable en Asie, et notamment en Chine, grâce aux effets d’un plan de relance, alors que «la reprise en Europe est en retard par rapport aux Etats-Unis et à la Chine».

Intel a également relevé le niveau de sa marge brute -- principal critère d’analyse de la marche de ses affaires -- qui, à 50,8%, est «supérieure aux attentes du groupe» et bien meilleure à celle de la période janvier-mars (45,6%). Le groupe attend une performance encore plus robuste à ce niveau pour le trimestre en cours, à «53%, plus ou moins 2%».

Ces bonnes performances ont été enregistrées en dépit des pressions sur les prix de vente, en baisse en moyenne. Cette évolution est due notamment au succès de la puce Atom, destinée aux matériels d’entrée de gamme, dont le succès se confirme (ventes en hausse de 65% par rapport au début d’année, à 362 millions de dollars).

La pénétration du groupe sur le marché des appareils portables et embarqués devrait encore s’améliorer avec l’acquisition de l’éditeur de logiciels Wind River Systems, annoncée il y a quelques semaines.

Le groupe a précisé par ailleurs qu’après avoir dépensé «légèrement plus que prévu» au deuxième trimestre (2,6 milliards de dollars), il relevait ses prévisions de dépenses sur l’ensemble de l’année (10,6 à 10,8 milliards de dollars, au lieu de 10,4 à 10,6 milliards).