La volatilité s'est (enfin) emballée ces derniers mois. Ce qui incite les investisseurs à réfléchir aux stratégies susceptibles d'en tirer profit. Lehman Brothers propose actuellement une stratégie baptisée Arevo qui répond à ce besoin. «Nous partons d'une observation qui s'est vérifiée ces dix dernières années. La volatilité (écarts de fluctuations) implicite dépasse de façon assez systématique la volatilité réalisée, notamment sur les actions américaines et européennes», explique au Temps Mohammed Yangui, chef de structuration. La volatilité implicite mesure les attentes de volatilité du sous-jacent, alors que la volatilité réalisée évalue les écarts de fluctuations passés.

87% de mois positifs

La stratégie Arevo est une stratégie dite d'arbitrage. Et elle est très populaire en ce moment auprès des investisseurs institutionnels, qui considèrent cet investissement comme de l'alternatif, ainsi que des privés sophistiqués fortunés. Lehman offre ces produits en Suisse sous la forme de placements privés. L'institut emploie les indices de volatilité implicites connus et observables par tous les investisseurs, VIX pour les actions américaines et VStoxx pour les actions européennes. Les écarts sont mesurés après chaque mois. Le résultat de cette stratégie a bien fonctionné dans le passé sur les actions américaines et européennes. «Dans 85% des cas, l'écart mensuel est positif sur les actions américaines», ajoute Mohammed Yangui. Le meilleur mois a offert 22% d'écart positif entre les volatilités implicites et réalisées et le pire une différence négative de 11%.

En moyenne, l'écart de volatilité est de 3 à 4% sur les échéances courtes (un mois). L'histoire montre que pendant les périodes d'agitation boursière, cette stratégie d'arbitrage fonctionne moins bien. Certains mois, la volatilité réalisée dépasse la volatilité implicite. C'est vrai cet automne, comme ce fut le cas en octobre 97 avec la crise asiatique et au printemps 2002. L'environnement idéal est celui que l'on a connu l'an dernier.

L'arbitrage de volatilité convient à des horizons de placement assez longs, entre 1 an et 5 ans. Les coûts supportés par l'investisseur concernent la couverture (hedging) et dépendent aussi du ratio de risque choisi par l'investisseur, donc de l'effet de levier adopté. La différence entre les produits existant sur cette stratégie se lit surtout dans la structuration et dans la transparence et le choix des indices de volatilité. La structuration peut inclure par exemple une protection du capital.