Vous pensiez encore pouvoir naviguer sur Internet discrètement et sans laisser de traces? Une étude, rendue publique la semaine passée lors de la conférence DEF CON de Las Vegas, consacrée à la cybersécurité, va briser les dernières illusions.

Une journaliste allemande, aidée par un spécialiste des données, est parvenue à identifier des habitudes de navigation – et donc de consommation — d’internautes. Les deux auteurs ont ainsi pu – sans citer leurs noms – connaître les goûts d’un juge en matière de pornographie ou encore une liste de médicaments commandés via Internet par un élu.

Fausse société de marketing

Pour parvenir à ces résultats, Svea Eckert et le chercheur Andreas Dewes ont d’abord créé, en quelques clics, une fausse société de marketing sur Internet. Ensuite, ils ont contacté des entreprises qui fournissent des échantillons de données de navigation pour les obtenir: adresses web, heures de navigation… Même pour des internautes qui naviguaient en mode privé...

Les auteurs ont ensuite croisé au maximum ces données pour parvenir à leurs fins. Et comme, par exemple, des informations personnelles figuraient dans des URL de Twitter ou du réseau social Xing, il n’a pas été compliqué de les lier à d’autres sites consultés par le même internaute. La preuve que tout se monnaie sur Internet et que l’anonymat, pour le commun des internautes, n’existe plus.