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Internet sera la nouvelle manne du marché de l’art

Ce canal atteindra 13 milliards de dollars à l’horizon 2020, selon The European Fine Art Fair. Sotheby’s et le spécialiste de la vente en ligne eBay ont annoncé la signature d’un partenariat

Internet sera la nouvelle manne du marché de l’art

Tendance Les ventes sur la Toile atteindront 13 milliards de dollars à l’horizon 2020

Le marché de l’art, et, corollaire, des ventes aux enchères, fait sa mue technologique et numérique. L’avenir du secteur se déclinera toujours davantage sur Internet, parient les principaux acteurs du secteur, comme Christie’s et Sotheby’s. Alors que ce segment s’est totalement mondialisé ces dernières années, il convient encore de capter davantage de clients et passionnés d’œuvres d’art, sans toutefois délaisser les canaux traditionnels que sont les mises à l’encan publiques ou privées.

Ainsi, la multinationale Sotheby’s et le spécialiste de la vente en ligne eBay ont annoncé mi-juillet la création d’un partenariat. Les deux groupes américains prévoient de lancer, d’ici à la fin de l’année, un portail spécialisé où les particuliers pourront mettre en vente leurs œuvres d’art et leur mobilier. Dès les prochaines ventes organisées par Sotheby’s à New York (après l’été), les près de 150 millions d’utilisateurs d’eBay auront accès à la salle des ventes et pourront enchérir en compé­tition avec les clients présents sur place ou au téléphone. L’année prochaine et en 2016, l’accord devrait être étendu aux autres salles de vente de la maison, comme à Londres, Hongkong ou encore Paris. Seules les grandes mises à l’encan internationales de prestige ne sont pas comprises dans le partenariat. En 2000, Sotheby’s s’était déjà allié avec eBay, mais l’association n’avait pas décollé.

Mais il faut croire que le marché est désormais mature et que les clients sont demandeurs. Par exemple, le «middle market» (soit les œuvres inférieures à 1500 francs), pesant déjà 81% du marché de l’art mondial, a littéralement décollé sur Internet. Avec à la clé l’apparition de sites comme Expertissim, Drouot Live, LotPrivé et Invaluable. Ou le scandinave Lauritz.com, qui génère déjà un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros. Le géant Amazon a lui aussi lancé sa propre plateforme, proposant plus de 40 000 œuvres de 4500 artistes différents, avec des prix allant de 10 dollars à plusieurs millions.

Christie’s parle quant à lui d’une complémentarité entre les salles de vente locales et une présence mondiale sur Internet pour attirer une nouvelle clientèle. Sur le premier semestre de cette année, les ventes en ligne ont connu une hausse de 71%, selon Bertold Müller, directeur du bureau zurichois de Christie’s. Mais à l’inverse de Sotheby’s, la maison mise sur ses propres compétences et son savoir-faire sur la Toile. D’après, Bloomberg, Christie’s aurait de fait investi 50 millions de dollars en trois ans dans sa plateforme numérique.

L’attrait des start-up

Ce marché semble, presque, sans limite. «En dehors des œuvres millionnaires, les ventes sont majoritairement effectuées par Internet», indiquait récemment Thierry Ehrmann, président-fondateur d’Artprice, qui se présente comme le numéro un mondial des données sur le marché de l’art. Au niveau mondial, le nombre de lots achetés via des enchères en ligne avait déjà augmenté de 36% en 2013 par rapport à 2012. Le record de l’objet le plus cher vendu sur la Toile par Sotheby’s est détenu par une édition grand format du livre Les Oiseaux d’Amérique de Jean-Jacques Audubon, adjugée en avril pour 3,5 millions de dollars. Et ce n’est qu’un début, assurent les experts. Selon The European Fine Art Fair de Maastricht, le marché de l’art sur Internet atteindra 13 milliards de dollars à l’horizon 2020.

Au niveau des investisseurs, le secteur est déjà en pleine effervescence. Selon Bloomberg, le financier américain Leon Black, propriétaire de l’éditeur de livres d’art Phaidon Press, voudrait mettre la main sur Artspace.com, un site de vente en ligne d’œuvres d’artistes contemporains. Les capitaux ne semblent d’ailleurs pas manquer. Les start-up Artsy et Paddle8 ont levé récemment plusieurs millions de dollars auprès d’investisseurs, comme le président de Google, Eric Schmidt. La jeune pousse française Artsper a, elle, récolté 300 000 euros. Enfin, la californienne Demand Media a racheté Saatchi Art, une galerie virtuelle, pour 17 millions de dollars.

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