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La fin de la pauvreté est l'un des objectifs des Nations Unies (ODD 1).
© Laurent Gillieron / Keystone

Opinion

Investir en accord avec les 17 objectifs des Nations unies

La réalisation de ces objectifs de développement nécessitera entre cinq et sept milliards de dollars d’ici à 2030. Pour les investisseurs, c’est une opportunité à saisir, avance Jessica Alsford, responsable de la recherche en développement durable chez Morgan Stanley

En 2015, dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, les pays membres des Nations unies ont adopté les 17 objectifs de développement durable (ODD). La communauté internationale s’est ainsi fixé un plan d’action, lequel s’inscrit dans un nouveau programme de développement durable, pour mettre fin à la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous.

La réalisation de ces 17 objectifs, articulés en 169 cibles, nécessitera entre 5 et 7 milliards de dollars d’ici à 2030, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Des capitaux devront être injectés dans des domaines clés comme l’éducation, l’infrastructure et les énergies renouvelables. Cela devrait créer un large éventail d’opportunités d’investissement offrant un impact concret, pour les investisseurs comme pour les entreprises. Ainsi, la réalisation des ODD pourrait dans ces conditions être un moteur essentiel de la croissance économique mondiale future, et, par la même voie, de rendements financiers à long terme.

Le recyclage du métal

Nos travaux consacrés aux ODD ont identifié de nombreux secteurs et régions susceptibles d’intéresser les investisseurs qui recherchent un rendement financier tout en contribuant aux objectifs des Nations unies.

Ainsi, le secteur du recyclage du métal pourrait soutenir la réalisation de l’ODD12, «Consommation et production responsables», en réduisant l’utilisation croissante des ressources épuisables. La production d’aluminium ou de cuivre à partir de déchets réduit également la quantité d’énergie nécessaire par rapport à la production à base de sources primaires. Il en est de même des fabricants de batteries, dont le développement de nouvelles technologies devrait assurer l’essor des véhicules électriques et jouer un rôle majeur dans la réalisation de l’ODD11, «Villes et communautés durables».

Favoriser les infrastructures

De nombreuses branches d’activités peuvent contribuer à la réalisation de plusieurs objectifs. En Inde et aux Philippines, des entreprises de services publics créent des infrastructures pour améliorer l’accès à l’électricité dans les régions les plus défavorisées. L’électrification est un facteur important du développement économique, et favorise ainsi l’ODD1, «Fin de la pauvreté». En outre, les sociétés disposant d’installations de production électrique à partir de ressources renouvelables et offrant des produits à haute efficience énergétique seront en phase avec l’ODD7, «Energie propre et d’un coût abordable».

La collecte et le traitement des eaux usées dans les régions présentant un faible accès aux services d’assainissement, telles que l’Afrique subsaharienne, offrent aux investisseurs la possibilité de contribuer à l’ODD6, «Eau propre et assainissement».

Favoriser l’inclusion sociale

Si tous les secteurs sont susceptibles d’appuyer la réalisation des objectifs des Nations unies, certains joueront un rôle moteur pour les autres. L’investissement dans des projets d’infrastructures peut stimuler la croissance économique et la création d’emplois, tandis qu’un meilleur accès à internet par les opérateurs de télécommunications favorise l’inclusion sociale, soutient la productivité et dynamise l’innovation. Le déploiement des technologies de l’information peut servir des projets très divers, allant de l’atténuation des risques climatiques au renforcement de la sécurité.

Les objectifs de développement durable ne peuvent et ne doivent pas être envisagés indépendamment: les efforts en vue de leur réalisation seront influencés et favorisés par les grandes transformations en cours, comme la révolution numérique et l’économie du partage. De plus, il faut également compter avec des événements exogènes, tels que l’Accord de Paris sur le climat à l’issue de la COP21, les élections à l’échelle nationale ou des incidents écologiques.

Nécessaire effort de transparence

Pour les investisseurs, la mesure de l’impact environnemental et social des entreprises constitue la difficulté majeure. A cet égard, un effort considérable de transparence est nécessaire: les données publiées par les entreprises en matière de durabilité sont peu cohérentes et insuffisantes. Or, la publication de ces données est essentielle pour l’intégration des ODD dans les décisions d’investissement. Il importe à présent de passer des déclarations d’intention à l’utilisation d’indicateurs de performance.

L’intégration des objectifs durables au sein des priorités stratégiques d’une entreprise et la publication de ses résultats dans son rapport annuel figurent parmi les meilleures pratiques possibles actuellement. Selon une étude réalisée par Corporate Citizenship, 49% des entreprises déclaraient en 2016 qu’elles étaient susceptibles d’intégrer les ODD dans le cadre de leurs pratiques de transparence, contre 29% en 2015.

Préconiser une transparence accrue en matière d’impact social et environnemental ne signifie pas pour autant que la création de valeur économique soit négligée ou reléguée au second plan. Pour que ce type d’investissement séduise les investisseurs, il serait logique d’attendre que leurs perspectives de rendement soient comparables à celles d’autres options d’investissement, les bénéfices sociaux et environnementaux constituant alors un atout supplémentaire. Ce n’est qu’à cette condition que la demande pour ce type d’investissement atteindra un niveau suffisant afin que l’ambition des objectifs pour 2030 puisse être qualifiée de réaliste.

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