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Au Mozambique, un nouveau projet minier devrait conduire au déplacement du village Quitupo.
© John Wessels/AFP

L’invité

Investir en Afrique subsaharienne: risque ou opportunité?

La crise que vivent de nombreux pays subsahariens en raison de la baisse du prix du pétrole et du gaz offre plus que jamais de réelles opportunités d’investissement. C’est notamment le cas en Angola et au Mozambique

Investir en Afrique subsaharienne n’est pas sans risque. Secteur financier quasi inexistant ou à peine naissant, contrôle du mouvement des capitaux, économie fermée et encore largement nationalisée, liquidités rarement garanties et démocratie fragile: de nombreuses barrières sont encore à lever pour que la région se transforme en terre d’accueil des capitaux étrangers.

Pourtant, notre expérience dans la région montre que malgré leurs difficultés, des pays aussi différents que l’Angola et le Mozambique ont tout pour se faire une place dans l’économie mondiale. Plusieurs signaux indiquent en effet qu’aujourd’hui plus que jamais, il est temps de franchir le Rubicon. A condition d’offrir un véritable projet de développement et de respecter certaines précautions.

Pourquoi investir

Le premier signal est économique. Bien qu’encore très peu diversifiées et offrant peu de valeur ajoutée, ces économies comptent sur les richesses de leur sous-sol, en particulier le pétrole, le gaz naturel et les minerais. Soutenus par une croissance mondiale estimée à 3,4% en 2017 par le FMI, le double en Chine et en Inde, leurs principaux clients, ces marchés sont extrêmement porteurs.

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Le deuxième signe est politique. Même si les élections en Angola invitent à une certaine prudence – le président José Eduardo dos Santos au pouvoir depuis 1979 a annoncé qu’il ne se représenterait pas –, la démocratie dans la région a connu des progrès significatifs durant ces dernières années.

Troisième aspect encourageant, l’implantation d’une importante diaspora portugaise et européenne. Attachés à des fonctions de cadres dans des secteurs tels que la mécanique automobile, la construction ou les infrastructures (développement de pipelines, par exemple), ces expatriés de longue date ont su renforcer leur crédibilité auprès des populations locales en contribuant au développement économique du pays et à l’emploi.

Le quatrième point positif est la promesse d’un retour sur investissement rapide – de quelques mois à six ans maximum en moyenne – et élevé, en raison d’une forte demande pour de nombreux produits domestiques et industriels, des coûts de main-d’œuvre bas et de l’importance des marges.

Cinquième point enfin, les difficultés économiques en Angola, et surtout au Mozambique, ont paradoxalement tout pour devenir une force. Que ce soit dans le tourisme, l’agriculture, la logistique, la santé, ou encore l’industrie agroalimentaire et les infrastructures (réseau routier, électricité, rail, etc.), ces pays ont tout à reconstruire. La demande est donc là. La question est maintenant de savoir comment se lancer.

Trouver un partenaire local

De par la hauteur des coûts de prospection et d’implantation, ces marchés s’adressent avant tout à des investisseurs solides – PME ou grands groupes –, familiers de l’Afrique et prêts à proposer un véritable projet de développement. Mais quelle que soit sa taille, trouver un partenaire local reste la clé de tout investissement, malgré la pression sur les bénéfices que cela engendre. Proche du gouvernement, bien introduit dans les différents réseaux de distribution et centres de consommation, ce partenaire est quasi obligatoire pour entrer sur le marché. Et développer ses affaires.

L’Angola, un pays au potentiel exceptionnel

Deuxième économie d’Afrique subsaharienne avec un produit intérieur brut (PIB) de 102 milliards de dollars, une croissance annuelle d’environ 6% entre 2000 et 2016 et une population de 27 millions d’habitants, dont 65% ont moins de 24 ans: l’Angola dispose d’un potentiel économique exceptionnel. La crise liée au bas prix du pétrole, dont le pays est le deuxième exportateur d’Afrique, a incité le gouvernement à s’ouvrir et à chercher des solutions pour diversifier l’économie. Un certain nombre de secteurs ont ainsi été définis comme prioritaires et d’intérêt national. On l’aura compris, dans un contexte si favorable, les meilleures opportunités d’investissement sont à saisir aujourd’hui. L’émergence d’un marché boursier qui permettra la consolidation du secteur bancaire, favorisera d’autant plus le financement de l’économie.

Mozambique: investir dans les infrastructures

Pays parmi les plus pauvres de la planète avec une croissance moyenne de 1,4% durant les dix dernières années et un PIB de 15 milliards de dollars, le Mozambique – 28 millions d’habitants – est un riche producteur de gaz naturel. La volonté du gouvernement de développer la production d’électricité issue de cette ressource laisse présager d’un grand potentiel. D’autant plus avec l’Afrique du Sud comme voisine, laquelle offrirait de véritables débouchés. Les investissements devraient donc viser prioritairement les infrastructures encore très précaires (réseau routier, logistique, etc.) afin de favoriser l’exploitation et l’exportation de cette énergie.

L’Angola et le Mozambique sont un terreau fertile pour les affaires. Au-delà des clichés qui effraient encore certains investisseurs, les opportunités sont là. Et maintenant. L’important est d’être bien conseillé. Et d’oser franchir le pas.

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