L’explosion des coûts de la santé, l’évolution des habitudes alimentaires et le recul de l’activité physique se traduisent par un besoin accru de solutions pour une vie plus saine. Adidas, Nautilus (appareils de fitness), Sanofi, Danone et Unilever contribuent au fitness des portefeuilles.

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La prise de conscience du fait que l’obésité est devenue pandémie et que la hausse des coûts de la santé doit impérativement être ralentie, a amené un certain nombre d’entreprises à développer des stratégies pour répondre à ces deux défis. Elles ont élaboré des solutions innovantes aussi bien dans le domaine de l’alimentation (aliments plus sains et plus sûrs) que dans celui de l’activité physique ou encore dans celui du diagnostic. Et aujourd’hui, l’éventail des entreprises qui proposent des produits ou des services axés sur la prévention des maladies chroniques, les principales responsables de l’escalade des coûts de la santé, est vaste. Il se prête donc à une approche d’investissement diversifiée. Défensive et faiblement volatile, la stratégie «vie saine» recèle un potentiel de surperformance important.

L’approche «vie saine» de l’investissement

Ce dernier repose pour l’essentiel sur l’innovation. Qu’il s’agisse de technologies relativement simples telles que les applications de santé développées pour les téléphones mobiles et les appareils (intelligents) portables, ou de techniques plus complexes telles que les marqueurs moléculaires et le séquençage génétique, leur potentiel de croissance est considérable. Pour ce qui concerne l’aspect plus défensif de cette stratégie, il repose sur les entreprises du secteur des biens de consommation qui proposent des aliments à forte valeur nutritionnelle ou diététique ainsi que des produits «santé» qui favorisent le bien-être. Ces segments de marché sont promis à une forte croissance, en particulier sur les marchés émergents où la classe moyenne gagne en importance et possède à la fois l’éducation et les moyens financiers nécessaires pour s’y intéresser.

En termes d’investissement, l’approche «vie saine» telle que définie par RobecoSAM se distingue très nettement des stratégies traditionnelles axées sur les entreprises pharmaceutiques. En premier lieu, elle se focalise sur les maladies dites «de société» telles que les AVC et les maladies cardio-vasculaires, le diabète et le cancer qui résultent en grande partie de comportements qui nuisent à la santé.

En second lieu, les investissements se dirigent vers les entreprises qui axent leurs efforts sur la prévention. Ce domaine peut être scindé en quatre segments à savoir, la nutrition, l’activité physique, l’hygiène personnelle et le diagnostic en tant qu’instrument capable de s’attaquer aux causes de la hausse des coûts de santé.

Cette nouvelle approche exige une discipline d’investissement d’autant plus stricte qu’il peut être très tentant d’investir dans les actions d’une société bien gérée avec un chiffre d’affaires et des marges en forte expansion. Néanmoins, l’enthousiasme pour ce type d’entreprises s’avère souvent prématuré car les investisseurs ne se soucient des barrières à l’entrée que lorsque c’est trop tard. Le marché en général tend à sous-estimer la puissance de la concurrence et, ces dernières années, de nombreuses entreprises jouissant d’une très bonne réputation sont finalement devenues «des anges déchus». C’est la raison pour laquelle l’analyse de la situation concurrentielle est essentielle.

Les atouts du Big Data

Cette restriction n’entame en rien l’intérêt d’un secteur porté par l’émergence d’un consommateur plus conscient des enjeux de santé et plus motivé. Usager régulier des sites, des médias sociaux, des blogs et des plates-formes liées à la santé et au bien-être, il incite les entreprises à innover. Après avoir offert de simples outils de mesure (rythme cardiaque, nombre de pas/jour, calories/repas) ces dernières devraient être capables de proposer des puces intelligentes implantables capables de mesurer, diagnostiquer puis traiter les premiers symptômes de maladies chroniques. En outre, l’internet des objets et la numérisation des données médicales et des dossiers patients favoriseront l’émergence de nouveaux modèles d’affaires basés sur l’exploitation du «big data». Ils devraient permettre d’offrir des produits et services mieux adaptés aux besoins de chaque individu et, par conséquent, ils devraient bénéficier à la santé et au bien-être globaux qui, faut-il le rappeler, sont l’un des objectifs de développement durable des Nations unies.