L’investisseur individuel bénéficie aujourd’hui d’une multitude de canaux d’information. En particulier, il peut entreprendre lui-même des recherches sur l’ensemble des fonds  de placement autorisés à la vente en Suisse en recourant aux sélecteurs des bases de données en libre accès, comme Swiss Fund Data, Morningstar ou Lipper.
Il peut ainsi faire ressortir de manière instantanée des listes de produits selon un certain nombre de critères prédéfinis, qu’il peut combiner comme il l’entend, par exemple la performance, la volatilité, les frais, etc. Sans compter l’accès tout aussi rapide aux documents décrivant ces fonds, leur stratégie d’investissement ou encore l’ancienneté du gérant. Comme chacune de ces bases de données présente des caractéristiques particulières et parfois complémentaires, leur utilisation parallèle procure
un réel atout à celui qui en maîtrise les arcanes pour mieux cerner la nature de ces produits financiers.

Il faut toutefois prendre garde à ne pas surestimer cet avantage. En effet, toute l’information disponible repose sur le passé. Ce type de données est important et il est possible qu’une belle performance récente se renouvelle à l’avenir. Mais rien n’est moins sûr, et ce pour les deux raisons suivantes. Tout d’abord, on ne peut obtenir que peu d’informations qualitatives: la description de la stratégie du fonds reste trop sommaire pour en saisir le fonctionnement. Pour savoir ce que fait vraiment le gérant, il faudrait aller l’interroger directement. C’est la démarche suivie par les professionnels, mais qui n’est pas véritablement à la portée du premier venu. Pour répondre à ce besoin, Morningstar offre depuis quelques années une analyse qualitative d’une sélection de fonds en leur attribuant des notes, mais dont les motifs détaillés sont réservés à ses clients. Si l’on a suffisamment confiance dans ces analyses, on pourrait ne choisir que les fonds les mieux notés pour constituer son portefeuille. Mais une telle approche pourrait se révéler désastreuse…

En effet, et c’est la deuxième et plus importante raison de se méfier des performances historiques, le fonds doit être positionné sur un secteur porteur. Car, au-delà du talent du gérant et de sa capacité à se distinguer de ses concurrents, la performance effective du fonds dépendra fondamentalement – dans les stratégies traditionnelles – de l’évolution du domaine d’activité dans lequel il investit ou du style de gestion qu’il applique. Si le marché sous-jacent s’effondre, la valeur du fonds prendra automatiquement le même chemin.

Idéalement, il faudrait donc ne choisir que les fonds des secteurs au plus fort potentiel, en sélectionnant les produits les mieux gérés et les plus solides. Dans le monde réel, personne n’est capable de prédire l’avenir, et la philosophie de base demeure une saine diversification, de manière à trouver un bon compromis entre le rendement attendu et la volatilité du portefeuille.

L’investisseur individuel aura évidemment de la peine à se constituer un portefeuille optimal en se basant uniquement sur Morningstar, Lipper et autres, et en recourant à des informations et avis divers, grappillés ici ou là. Mais il pourra tirer pleinement parti de ces outils pour évaluer les produits dont on lui vantera les mérites et ils l’aideront à détecter ceux qui sont notoirement mal gérés ou trop chers.