INVESTISSEMENTS

Investissement d’impact ou «impact investing»: une suite logique

Proposé par Bonhôte De plus en plus d’individus agissent davantage de manière socialement responsable dans leur vie privée en essayant de limiter leur empreinte carbone. De nombreux investisseurs souhaitent prolonger cet effort et appliquer cette discipline également à leur portefeuille financier

L’investissement socialement responsable gagne toujours plus d’intérêt de la part des investisseurs. A leurs débuts, les portefeuilles durables se distinguaient des portefeuilles traditionnels uniquement par l’exclusion de secteurs sensibles (filtre négatif) tels que l’armement, le tabac, l’alcool, entre autres. Dans un deuxième temps, la notation des entreprises sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise (ESG) a permis aux investisseurs de favoriser les titres affichant les meilleurs scores (filtre positif).

Encore plus haut dans l’échelle de la durabilité, l’investissement d’impact se révèle aujourd’hui une suite logique (cf. graphique ci-dessous). L’objectif est de générer un impact environnemental et social positif. Ce mouvement s’inscrit en parfaite harmonie avec les Objectifs de développement durable (ODD) érigés en 2015 lors de la COP21 de Paris par les Nations unies. Ces 17 objectifs visent à éradiquer la pauvreté, préserver la planète et permettre de meilleures conditions de vie pour tous. L’appellation «impact» requiert toutefois la capacité de quantifier cet impact. Il s’agit d’un procédé hautement qualitatif car les données fournies ne sont pas standardisées.

Source: Banque Bonhôte

L’investissement d’impact peut se déployer au travers des classes d’actifs traditionnelles comme les obligations, les actions, ou encore la microfinance. Les actions non cotées et la dette privée offrent un impact plus ciblé mais permettent une liquidité moindre.

Considérons l’exemple d’une obligation verte, ou green bond, qui est un investissement liquide à haut degré d’impact. Une obligation verte affiche exactement les mêmes spécificités qu’une obligation traditionnelle: paiement d’un coupon périodique, maturité définie et remboursement final. L’aspect différenciateur est l’utilisation du montant levé, qui doit être adossé à un projet à impact positif, par exemple le financement de parcs solaires ou éoliens. Un rapport rédigé annuellement rend compte de l’évolution de ces projets. Le marché des obligations vertes est en expansion (cf. graphique ci-dessous) et offre aujourd’hui une plus grande diversité en termes de types d’émetteurs.

La microfinance répond à de nombreuses attentes pour l’investisseur soucieux de l’impact positif de ses placements. Les véhicules de microfinance octroient, par l’intermédiaire des instituts de microfinance (IMF), des prêts aux utilisateurs finaux majoritairement dans les pays émergents.

L’intérêt grandissant pour l’investissement d’impact provoque une multiplication des véhicules de placement. Toutefois, il est primordial de pouvoir discerner le bon grain de l’ivraie en évitant le green washing: la promotion d’un projet ou véhicule d’investissement faussement labellisé comme vert ou socialement responsable.

Alors que la construction d’un portefeuille traditionnel tend à optimiser le ratio rendement/risque du portefeuille, la finance durable ajoute une dimension en prenant en compte le rendement social et environnemental de ce portefeuille. Empiriquement, la performance des investissements durables est tout à fait comparable à celle des placements qui ne sont pas gérés sous l’angle de la durabilité.

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