L’offre d’opportunités d’investissement à impact ne cesse de croître. Il devient indispensable de vérifier que les effets exercés par ces placements soient bien réels et positifs.

Le terme «investissement à impact» désigne les investissements réalisés dans un large éventail de classes d’actifs, de branches d’activité et de régions, constituant un marché estimé à 502 milliards de dollars, selon le Global Impact Investing Network (GIIN). L’investissement à impact est souvent décrit comme ayant un «double résultat», (double bottom-line). Cela signifie que l’impact social ou environnemental a autant d’importance que le rendement financier. Si les rendements financiers sont relativement simples à mesurer, les gestionnaires d’investissements à impact doivent également pouvoir rendre compte de l’impact exercé en plus des mesures financières traditionnelles.

Accent sur l’intention, la contribution et les résultats immédiats

La définition et la mesure de l’impact des investissements s’articulent autour de trois éléments clés. En premier lieu, il est important d’établir quelle est l’intention de l’investisseur. Celle-ci désigne les objectifs sociaux et/ou environnementaux fixés au niveau global du fonds ou du gestionnaire, qui définissent les thèmes sur lesquels l’investissement sera axé. Le deuxième élément est la contribution effectivement apportée par l’investissement. Il peut s’agir d’une contribution financière, de conseils et de support apportés à une entreprise («assistance technique»), ou d’un engagement actif auprès des bénéficiaires de l’investissement. Et enfin, l’élément effectivement mesurable, à savoir les résultats immédiats des entreprises destinataires de l’investissement et les résultats sociaux et environnementaux obtenus à plus long terme.

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Prenons comme exemple un fonds de microfinance axé sur l’éducation en Afrique. L’intention dans le cas présent est d’améliorer l’accès à l’éducation en garantissant un coût abordable pour les plus de 100 millions d’enfants non scolarisés en Afrique. La contribution est l’investissement financier dans des institutions de microfinance octroyant des prêts aux écoles privées ainsi que de petits prêts d’études à des parents cherchant à financer l’éducation de leurs enfants. Celle-ci est ensuite mesurée sur la base des résultats immédiats obtenus, tels que le nombre de prêts contractés à ces fins et le nombre d’écoles financées, ainsi que les résultats à plus long terme, au niveau, par exemple, de la qualité de l’enseignement dispensé et de son impact positif sur les compétences et les emplois dans le pays concerné. Ces résultats sont généralement relevés par les institutions de microfinance locales.

Emploi des différents critères

En ce qui concerne la gestion de l’impact de manière plus générale, sur un éventail de classes d’actifs, il est nécessaire, selon nous, de combiner plusieurs facteurs pour évaluer pleinement l’impact des investissements.

Tout d’abord, il faut être en mesure de vérifier les qualifications environnementales, sociales et en matière de gouvernance (ESG) d’une entreprise dans laquelle on souhaite investir. Ce n’est pas parce qu’une entreprise répond aux critères ESG qu’elle peut forcément être considérée comme un «investissement à impact». Nous devons recourir à un tableau de bord (scorecard impact) pour mesurer l’effet potentiel d’un investissement. Ce tableau combine l’intention de l’investissement et certains indicateurs de performance clés de l’impact, les informations sur les bénéficiaires finaux et un «score» de contribution. Il intègre également le risque que l’impact ne se réalise pas. Les principes de gestion d'impact (operating principles for impact management) élaborés par la Société financière internationale (IFC) établissent de nouvelles normes susceptibles de fournir des orientations pour mesurer les impacts sociaux, économiques et environnementaux. En combinant les qualifications ESG au tableau d’impact, on obtient un score final fournissant des indications sur l’ampleur potentielle de l’impact d’un investissement.

Enfin, nous calibrons ce résultat par rapport aux objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. Les ODD forment un ensemble de 17 objectifs ambitieux et reliés entre eux. Etablis en 2015, ils visent à relever les défis mondiaux auxquels le monde fait actuellement face, notamment la pauvreté, les inégalités, le climat et la dégradation de l’environnement. Si l’investissement en question contribue également à la réalisation de ces objectifs, il est digne d’être considéré comme un investissement à impact.