Après un accès de faiblesse mi-octobre, le marché suisse est reparti de l'avant au 4e trimestre 2000, clôturant l'année à 8135 points, à peine 3% en dessous de son plus haut de l'année, fin août. Le Swiss Market Index (SMI) a bénéficié de son profil défensif, avec plus de 45% de titres dans les secteurs pharma et alimentation. L'agitation qui a suivi les élections présidentielles américaines, la chute des valeurs technologiques et les craintes de récession apparues aux Etats-Unis ont manifestement amené les investisseurs à rechercher la relative stabilité des rendements en Suisse.

Cela se manifeste également dans la performance des titres des sociétés à forte capitalisation par rapport à ceux des petites et moyennes entreprises (PME). Alors qu'au 1er trimestre 2000 les PME avaient encore nettement surperformé, l'écart s'est résorbé à vue d'œil au cours des dernières semaines. Les grandes capitalisations du marché suisse présentent en effet, du fait de leurs secteurs d'activités, un profil plus défensif que les petites et moyennes capitalisations. D'autre part, elles bénéficient du contexte actuellement difficile, car les investisseurs, en quête de qualité, s'intéressent davantage aux valeurs standards.

Certains indices donnent à penser que cette recherche de la qualité pourrait encore s'amplifier ces prochains mois. Compte tenu du ralentissement conjoncturel attendu en Europe et des signes de plus en plus évidents d'un recul marqué de la croissance en Amérique du Nord, et malgré les premières baisses de taux d'intérêt aux Etats-Unis, les investisseurs devraient, sur le marché suisse, renforcer leurs engagements dans les valeurs standards.

Nous misons par conséquent sur les financières, sensibles aux taux d'intérêt, et nous recommandons l'achat de pharmaceutiques en cas de faiblesse des cours. En effet, de nouvelles baisses des taux américains devraient doper durablement les financières. Dans le contexte actuel, nous pensons que le secteur pharma helvétique doit être équipondéré. A notre avis, il est encore trop tôt pour les valeurs cycliques. Mieux vaut d'abord attendre de voir quelle sera l'ampleur du ralentissement conjoncturel en cours.