Les investissements chinois suscitent la controverse en Europe, mais pas en Suisse. «Aucun pays n’est aussi ouvert que la Suisse», déclare Tuck Seng Low, membre du conseil d’administration de la Chambre de commerce Suisse-Asie. «L’UE a beaucoup à apprendre de la Suisse», renchérit Zhang Hao, président de Xinglong Zhusongmei Commercial.

A Interlaken, 250 hommes d’affaires et politiciens se réunissent durant depuis lundi et jusqu’à mercredi dans le cadre de l’«Horasis China Meeting», un forum de rencontres, créé en 2005 et présidé par Frank-Jürgen Richter, un ancien directeur du World Economic Forum.

Partenariat avec Shenzhen

La manifestation est placée sous l’égide de l’agence de développement économique du canton de Berne et de la Fédération chinoise de l’industrie (CFIE). La promotion de ce canton a déjà obtenu que le géant Huawey établisse son siège suisse dans la ville fédérale. Berne a aussi établi un partenariat avec Shenzhen, une métropole de 20 millions d’habitants, représentée à Interlaken par Liu Qingshen, vice-maire.

Tuck Seng Low indique que la Suisse ne connaît guère de barrières protectionnistes à l’égard des investisseurs, si ce n’est dans les domaines de l’immobilier, des centrales électriques et des sociétés de télédiffusion. Il en veut pour preuve le récent rachat de Syngenta par Chem China, celui de Swissport et de Gate Gourmet.

La réunion d’Interlaken se tient moins de deux ans après la signature de l’accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine. Rudolf Minsch, membre de la direction d’economiesuisse, explique que l’accord mériterait quelques retouches. Les tarifs de certains produits n’étaient pas inclus et pourraient être abaissés, par exemple dans les matières plastiques, suggère-t-il.

Hausse des exportations suisses en Chine

Le commerce avec la Chine s’est accru ces derniers trimestres, mais, à son avis, «il est difficile de définir la contribution de l’accord de libre-échange et le rôle de la conjoncture». Les statistiques du commerce extérieur suisse au troisième trimestre mettent en exergue une augmentation des exportations de 6% avec l’Asie, par rapport à la même période de l’année dernière, et même de 15% avec la Chine, à 2,33 milliards de francs. Le chiffre contraste avec le plongeon à l’égard de Hong Kong (-20%). Les importations suisses de Chine ont pour leur part diminué de 7% à 3 milliards de francs.


La Suisse est à considérer comme «une plateforme pour conquérir l’Europe et le monde», pour reprendre l’expression d’Andreas Rickenbacher, spécialiste du conseil, socialiste et ancien président du gouvernement bernois.

Li Jinyan, directrice d’une société chinoise dans la nutrition, apprécie la position de pointe de la Suisse dans l’alimentation et la santé: «Nous voulons offrir davantage de «swiss made» en Chine et devenir un leader mondial», déclare-t-elle.

«La difficulté pour les entreprises chinoises consiste à trouver les PME suisses innovantes et leaders dans leur domaine», explique Ge Ming, spécialiste des fusions et acquisitions. «Pour les PME helvétiques, le problème consiste à obtenir un accès au marché chinois, compte tenu des différences culturelles», répond Christoph Gisler, président de Fontavis, une société de conseils dans les énergies renouvelables.

Mais chacun s’accorde sur la nécessité d’accroître les partenariats. «Le bénéfice est mutuel», explique Wu Yijian, président de Ginwa Investments.


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