Les investisseurs européens misent sur une reprise progressive de l'industrie automobile. Des emprunts obligataires en euros de Volkswagen (VW), de Bayerische Motorenwerke et de General Motors ont été massivement souscrits.

VW doit présenter vendredi ses résultats du deuxième trimestre, qui, selon Welt am Sonntag, seront encore plus décevants que ceux du premier, en net recul sur l'année précédente. De BMW, qui les publiera le 7 août, on sait déjà que ses ventes ont baissé de 6,7% entre janvier et fin mai et que les grèves de juin dans l'est de l'Allemagne lui ont beaucoup coûté.

Globalement, on s'attend de toute manière à des chiffres semestriels ternes - déjà anticipés – pour les fabricants européens d'automobiles, qui ont souffert de la baisse de la demande sur le Vieux Continent, aux Etats-Unis et en Amérique latine, ainsi que du renchérissement de l'euro sur les marchés extérieurs. Les ventes de voitures ont enregistré une forte progression seulement en Chine. VW semble en avoir amplement profité.

Une récente étude allemande aboutit cependant à la conclusion que la demande en ce domaine sera très forte, dès que l'économie retrouvera plus de dynamisme. Beaucoup d'automobilistes ont renoncé à changer de voiture, depuis 2001, et le feront dès qu'ils auront repris confiance en leur propre avenir professionnel. D'autre part, les experts constatent que les fabricants européens ont fait des progrès en matière de productivité et d'adaptation des modèles aux divers marchés. D'où un pronostic optimiste pour 2004 et les années suivantes.

Les investisseurs partagent visiblement cette confiance. Une émission d'obligations à 5% sur 15 ans de BMW, d'un montant de 750 millions d'euros, a été amplement souscrite en une demi-journée, la demande portant sur 1,5 milliard d'euros. Cette abondance d'intéressés a permis au constructeur automobile de s'en tenir à un prix qui ne se situe qu'à 1,01% au-dessus d'emprunts d'Etat de la même durée.

VW avait aussi procédé à la fin de mai à une émission d'obligations à 5% sur 15 ans, d'un montant de 500 millions d'euros, souscrite à 4,5 milliards d'euros. Le prix payé se situait 1,56% au-dessus des obligations d'Etat allemandes à dix ans. Ce mardi, VW a en outre vendu des obligations sur deux ans à taux variable, pour un montant de 200 millions d'euros.

Selon Bloomberg, des obligations en euros et en livres de fabricants d'automobiles pour un total de plus de 10 115 milliards de dollars ont déjà été souscrites cette année, soit plus du double des ventes effectuées pendant la même période de l'année dernière. En moyenne, leur rendement est supérieur de 0,31% à celui d'autres emprunts de sociétés non financière libellées en euros.

De son côté, General Motors a vendu en juin des obligations à 8,52% sur 30 ans, pour un montant de 16,9 milliards de dollars, libellées en dollars, euros et livres sterling. Pour le fabricant américain, déjà lourdement endetté, il s'agit en premier lieu de remettre à flot sa caisse de pension, déficitaire de 25,4 milliards de dollars.

VW et BMW, par contre, poursuivent des projets d'expansion à l'étranger. Si le président de BMW, Michael Ganal, s'est jusqu'à présent contenté d'évoquer un renforcement du centre de production de Spartanbrug (USA), Volkswagen a d'immenses projets tout à fait précis en Chine, qui exigent des investissements considérables. La direction administrative de VW pour l'ensemble de l'Asie quittera l'Allemagne et sera centralisée en Chine, où, en outre, les fabriques de Shanghai et de Changchun (Audi) verront leurs capacités de production doublées d'ici à 2007, à 1,3 million de voitures par année. Dominant le marché des automobiles de luxe, et leader du secteur moyen supérieur, VW poursuit une politique asiatique si ambitieuse que Standard & Poors a récemment baissé son rating de A + à A.