Les Bourses ont oscillé entre l'incertitude et l'apaisement, mercredi, après le coup de grisou de la veille. Les actions ont encore baissé en Europe (- - 1%), mais elles se sont redressées aux Etats-Unis (+ 0,8%) et en Chine (+3,5%), le pays d'où tout est parti.

Le franc et le yen ont continué à se renforcer face à l'euro. Les marchés obligataires sont restés étalés en Europe, tandis qu'aux Etats-Unis, ils concédaient la moitié du terrain gagné la veille.

Ben Bernanke rassure

«Nos attentes pour l'économie américaine ne sont pas changées à la vue des dernières statistiques», a déclaré, rassurant, Ben Bernanke, le président de la Fed, après la publication de mauvais chiffres conjoncturels. La révision de la croissance au quatrième trimestre de 3,5% à 2,2% avait été anticipée. Ce n'était pas le cas de la chute de 16,6% des ventes de logements neufs en janvier, le recul le plus marqué en treize ans. Ce chiffre indique la tendance des ventes conclues le mois dernier, alors que la statistique, plutôt encourageante, des ventes de maisons existantes publiée mardi correspond à des affaires négociées deux mois plus tôt environ. «La chute des ventes de maisons neuves signale peut-être le début d'un «credit crunch» hypothécaire», déclare Michel Juvet, stratège chez Bordier & Cie à Genève. Une raréfaction du crédit pourrait aggraver la décélération du secteur immobilier. Dans ce contexte, les secousses boursières de cette semaine ne participent pas à une «saine correction», selon lui. Autrement dit, la baisse actuelle n'est pas une opportunité d'achat. Roger Keller, stratège de BNP-Paribas à Genève, n'endosse pas l'hypothèse du «credit crunch». Il préconise de renforcer les positions actions sur un indice S & P à 1370 et 1340 points. C'est respectivement 2,7% et 4,8% sous le niveau actuel.

La vision d'une correction temporaire sur le modèle de celle du printemps dernier est prévalente parmi les spécialistes. UBS, JPMorgan and Citi et Blackrock ont recommandé à leurs clients de conserver leurs actions sur la base de perspectives macroéconomiques qui restent bonnes. Face au retour de la volatilité, Merrill Lynch privilégie les secteurs défensifs.