«La culture des actions est en train d'émerger en Europe.» Au cours des six derniers mois, Rupert Tate, gérant du fonds «Selected Trust Euro Markets» chez Merrill

Lynch Mercury Asset Management, a surtout misé sur les titres à caractéristique européenne, ou ceux comportant un élément de restructuration (les plus connus étant le français Vivendi et l'allemand Siemens). Mais, comme l'a expliqué ce dernier lors de la conférence de presse du groupe qui s'est tenue jeudi à Genève, la naissance de l'euro a surtout engendré un rééquilibrage des portefeuilles en faveur des grandes capitalisations boursières. A titre d'exemple: la performance du Dow Jones Eurostoxx 50 (composé des 50 plus grosses capitalisations boursières), entre le début du mois de janvier 1999 et la fin du mois de mai, a dépassé de 3,68% celle du Dow Jones Eurostoxx (dont l'univers, beaucoup plus large, est composé de près de 300 compagnies). Et, d'après Rupert Tate, ce phénomène est loin de toucher à sa fin. Mais, comme le remarque l'expert, les petites capitalisations boursières donnent aussi accès à d'importants secteurs, dont celui de la télécommunication mobile et de la sous-traitance (comme le catering ou les agences d'emploi temporaire). Il n'est donc pas improbable que la médiocre performance des petites et moyennes sociétés touche à sa fin.

Les meilleurs résultats, côté obligations européennes, sont provenus des obligations à haut rendement d'après Bruno Serfaty, gérant du «European Bond Fund». C'est-à-dire des obligations émises par des sociétés souvent jugées à risque (BB + ou en dessous), par les agences de notation Moody's et Standard & Poors. Leur intérêt? Les deux tiers des compagnies actives dans ces titres ne sont pas dans des industries de nature cyclique, ce qui leur offre une bonne protection contre le ralentissement de la croissance économique en Europe. Ensuite, ce genre de titre offre en moyenne un rendement supérieur de 600 points de base (calculés en euros) à celui des obligations gouvernementales. Finalement, la performance des obligations à haut rendement du marché américain a dévoilé le type «hybride» de cette classe d'investissement qui, bien que possédant des caractéristiques communes aux actions et aux obligations gouvernementales, n'évolue pas en corrélation avec ces dernières. En bref, une bonne façon de diversifier ses risques.