Le panneau de Falcon Group rouille au bord de la route. Plus d’une décennie après le lancement des travaux par le conglomérat irakien, seule une poignée des 88 immeubles de l’Empire World a poussé sur ce vaste terrain vague. A Erbil, son méga-complexe immobilier devait héberger ce qui se fait de mieux en matière de multinationales et de groupes énergétiques. Une petite Dubaï au cœur même de la capitale de la région autonome du Kurdistan.

Mais «les expats ont tous courageusement décampé à l’approche de l’Etat islamique (EI)», grince Peter David Smethers, sourire carnassier et tatouages apparents. Souvent, avant même la pose des vitrages sur leurs luxueux bureaux. Malgré ses 2 millions d’habitants, Erbil est une immense collection d’étagères vides. Les tours s’y dressent partout inachevées, leur squelette de béton exposé. Le groupe Falcon continue prudemment d’investir dans l’immobilier. Dans le doute, il s’était aussi diversifié dans la sécurité.