Etrangement, malgré une couverture médiatique qui met l’accent sur la «perte de souveraineté» du pays, les Irlandais ne semblent pas réagir négativement à l’arrivée du FMI. Un sondage pour le Sunday Independent indique que 63% de la population soutiennent le plan de sauvetage. En revanche, les Irlandais tournent leur colère contre le gouvernement.

C’est avant tout une lassitude face au Fianna Fáil, le parti au pouvoir depuis 1997. Celui-ci est tenu responsable du dérapage de la bulle immobilière. De plus, Brian Cowen, le premier ministre, répète depuis deux ans que le pire de la crise est passé. Aussi, quand il a annoncé en septembre, après trois budgets d’austérité, un nouveau plan de sauvetage des banques, les Irlandais ont perdu foi en sa capacité à redresser la situation. «Les Irlandais veulent voir un point final à deux années de négativité permanente, et c’est pour cela qu’ils soutiennent l’arrivée du FMI», estime Gail McElroy, politologue à l’Université Trinity College.

Le tout s’opère avec un gouvernement qui vit ses derniers moments: il n’a qu’une majorité de trois voix, grâce à une coalition avec le parti vert. Mais ce dernier a appelé hier à des élections pour début janvier. La coalition risque aussi de perdre une voix jeudi lors de l’élection partielle de Donegal, une circonscription dans le nord-ouest du pays. «Le vote du budget du 7 décembre devrait passer, estime Gail McElroy. Mais ensuite, ce sera probablement la fin de ce gouvernement.»